Il n’y a pas si longtemps, notre priorité était de combler nos besoins de base. Maintenant que bon nombre d’entre nous y arrivent, la demande pour des produits et des services non essentiels est très forte. C’est ce qu’on appelle la surconsommation. Et elle entraîne de graves problèmes. L’humanité épuise les ressources de la Terre plus vite qu’elles ne peuvent se renouveler.
Les progrès technologiques ont facilité la production de biens. Et comme ces biens sont plus accessibles, on peut les acheter plus rapidement. Chose impensable il y a à peine quelques années, il est aujourd’hui courant qu’un ménage possède plusieurs téléviseurs ou plusieurs voitures. Cela a mené à l’épuisement des ressources et pourrait menacer notre existence.
Dans cet article, nous vous expliquons ce qu’est la surconsommation, quelles en sont les conséquences et comment vous pouvez l’éviter.
Qu’est-ce que la surconsommation, au juste?
La surconsommation, c’est le fait d’utiliser trop de biens, de services et de ressources. La consommation excessive a des effets néfastes sur l’environnement et l’économie. Elle touche notamment l’exploitation des ressources naturelles (comme les combustibles fossiles, l’eau et le bois), les voitures et les appareils électroniques.
L’histoire montre que la surconsommation remonte au paléolithique. Plus récemment, elle a augmenté, en grande partie à cause des tactiques de marketing et de l’industrialisation. Dans les pays développés, on parle de surconsommation quand les gens achètent beaucoup de produits haut de gamme. En mai 2026, le crédit à la consommation des ménages canadiens atteignait 827,7 milliards de dollars. Cela montre que les gens dépensent davantage. Tellement plus qu’ils s’habituent à vivre au-dessus de leurs moyens.
Quels facteurs ont favorisé la surconsommation?
Plusieurs facteurs ont mené à la surconsommation. Voici les plus courants :
L’influence des médias sociaux
Les relations parasociales donnent aux gens l’impression d’acheter auprès d’un ami. Par l’entremise des influenceurs, des plateformes et des forums en ligne, les consommateurs voient de plus en plus de publicités et de publications commanditées. Plus on passe de temps sur les médias sociaux, plus on risque d’acheter des biens matériels par comparaison sociale ou par manque d’assurance. Selon la théorie de la comparaison sociale, les gens évaluent leur propre valeur et leurs compétences en se comparant aux autres. De plus, les médias sociaux peuvent vous mettre de la pression pour suivre le rythme de votre entourage. Bref, le FOMO (la peur de manquer quelque chose) peut donner envie de suivre la vague.
Les tactiques de marketing
Les entreprises utilisent des stratégies de marketing bien ficelées pour créer une demande (réelle ou non). Pensez aux campagnes qui donnent envie d’acheter des objets qui servent de symboles de statut, ou d’acheter plus que ce dont on a besoin.
La santé mentale
Tout ce qui se passe dans le monde est une source de stress. Alors, bien des gens se tournent vers la thérapie par le magasinage pour y faire face, ce qui peut les pousser à acheter sur un coup de tête. À court terme, cela peut libérer un peu de dopamine, qui procure une sensation de bien-être. Pourtant, les personnes isolées socialement peuvent se laisser facilement influencer par des publicités qui leur donnent envie d’acheter certains produits. Quand on manque d’assurance, on peut vouloir rehausser son estime de soi en achetant de nouveaux produits. Or, les gens qui achètent plus de biens ont tendance à être moins satisfaits de leur vie. En plus, la surconsommation a d’autres effets négatifs, comme une hausse de l’anxiété et de la dépression.
Le magasinage en ligne
Pensez à la commodité de services comme Amazon, ou à la vitesse à laquelle les consommateurs remplacent leurs appareils électroniques par des modèles plus récents. La mode éphémère, grande responsable du gaspillage textile, est un autre exemple de la surconsommation alimentée par le magasinage en ligne. Acheter des articles et suivre la tendance de l’épargne douce peut vous donner l’impression d’améliorer votre vie. Le hic, c’est que cela gruge l’argent que vous pourriez épargner et investir pour l’avenir.
Quelles sont les conséquences de la surconsommation?
La surconsommation entraîne une extraction rapide des ressources et un gaspillage excessif. Nous faisons face à plusieurs crises environnementales et climatiques, dont le réchauffement planétaire, la perte de biodiversité, la pollution et leurs répercussions sur la population mondiale. La surconsommation prolonge les changements climatiques en faisant grimper rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Selon l’Institut pour l’IntelliProspérité, le Canada émet plus de gaz à effet de serre par habitant que presque tous les autres pays du monde.
Selon le Forum économique mondial (FEM), la pollution de l’air pourrait causer près de 9 millions de décès par année d’ici 2050. Heureusement, les énergies de remplacement peuvent aider à réduire les gaz nocifs et à éviter la pollution de l’air. Les principales sont l’énergie éolienne, l’énergie solaire (panneaux solaires), l’hydroélectricité et la géothermie.
À l’échelle du pays, les lieux d’enfouissement de déchets solides représentent environ 23 % des émissions de méthane du Canada. Nous pouvons améliorer la gestion des déchets en étant plus attentifs à ce que nous achetons.
Dans quels domaines la surconsommation est-elle la plus courante?
Voici les principales catégories où l’on observe de la surconsommation :
- Vêtements de mode éphémère : les consommateurs achètent des vêtements tendance, mais de piètre qualité. On les porte généralement peu de temps avant de les jeter. Comme les gens achètent sans cesse des vêtements à la mode, cela crée du gaspillage textile.
- Appareils électroniques et technologie : les gens ont tendance à remplacer leurs téléphones intelligents, tablettes, ordinateurs portables et montres même s’ils fonctionnent encore. Par ailleurs, certains appareils ont une courte durée de vie. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée. Ces appareils deviennent rapidement désuets ou se brisent facilement. Cela génère de grandes quantités de déchets électroniques.
- Gaspillage alimentaire : les ménages et les restaurants ont tendance à jeter beaucoup de nourriture. De plus, les modes alimentaires (aliments et boissons) peuvent contribuer à la dégradation de l’environnement.
- Plastiques à usage unique : les sacs de plastique, les sacs en polyéthylène, les bouteilles d’eau et les ustensiles en sont des exemples. Selon le WWF, la quantité de plastique dans les océans pourrait quadrupler d’ici 2050. Ces déchets de plastique dans nos cours d’eau menacent les côtes et la vie marine.
- Biens non essentiels : les gens achètent des cosmétiques, des jouets et des articles de décoration en fonction de leur style de vie. C’est pourquoi il est important de faire la différence entre les besoins et les envies.
Que pouvons-nous faire, individuellement, contre la surconsommation?
Vous pouvez faire des choix au quotidien pour réduire votre consommation. Voici des façons d’avoir un effet positif :
- Utilisez des contenants en verre plutôt qu’en plastique.
- Achetez des ustensiles en bambou plutôt qu’en plastique.
- Ayez toujours sur vous une bouteille d’eau réutilisable en acier inoxydable au lieu d’acheter de l’eau embouteillée.
- Choisissez des produits réutilisables plutôt que des articles jetables.
- Quand vous faites l’épicerie, choisissez des produits d’origine végétale plutôt que de la viande et des produits laitiers.
- Essayez les applis antigaspillage et les trousses de repas zéro déchet pour réduire le gaspillage alimentaire.
- Méfiez-vous des entreprises qui ont recours à des tactiques de cupidflation, comme la fixation des prix ou la réduflation.
- Optez pour des véhicules écoénergétiques (comme les véhicules hybrides et électriques) plutôt que des véhicules à essence.
- Essayez de limiter votre utilisation des médias sociaux et refusez les publicités personnalisées.
- Utilisez les produits que vous avez déjà avant d’en acheter de nouveaux.
- Relevez le défi « zéro achat ». Allez encore plus loin en l’intégrant à votre méthode de budget à voix haute.
- Donnez une seconde vie à un objet en le transformant en quelque chose de nouveau.
- Réparez les objets brisés pour qu’ils durent plus longtemps.
- Faites la différence entre vos envies et vos besoins. Concentrez-vous sur l’achat des articles essentiels seulement.
- Louez ou empruntez les objets dont vous vous servez rarement.
- Magasinez dans des magasins d’articles usagés ou sur des plateformes de revente en ligne.
- Quand vous magasinez en ligne, laissez les articles dans votre panier pendant une journée. Demandez-vous si vous en avez vraiment besoin ou si l’achat peut attendre.
- Au lieu d’acheter des vêtements de mode éphémère, choisissez des vêtements intemporels et de meilleure qualité, qui durent plus longtemps. Optez pour des textiles non tissés biodégradables ou faits de matières recyclées.
- N’enregistrez pas automatiquement les renseignements de votre carte de crédit.
- Évitez de dépendre des programmes d’achat maintenant, paiement plus tard.
- Méfiez-vous des tactiques d’indication de prix partiel quand vous achetez des billets d’avion ou de spectacle, ou que vous réservez un hôtel.
- Quand vous offrez un cadeau, choisissez une expérience plutôt qu’un bien matériel.
- Demandez à votre gouvernement d’adopter des politiques qui soutiennent des pratiques de fabrication durables et l’économie circulaire.
- Aidez des organismes comme Environmental Defence, qui protègent l’environnement et la santé humaine au Canada.
Vous avez les outils pour contrôler vos dépenses
La surconsommation est un enjeu complexe. Elle touche les consommateurs, les entreprises, les gouvernements, l’économie et l’environnement. Nous pouvons être attentifs à ce que nous consommons et orienter notre pouvoir d’achat. Si chacun fait sa part, nous pouvons contribuer à protéger notre planète, adopter un mode de vie plus durable et éviter de trop dépenser.
Si la surconsommation vous a fait accumuler des dettes, sachez qu’il existe de l’aide. Vous pouvez parler à nos conseillers en crédit, qui peuvent vous accompagner dans un plan de remboursement de vos dettes.