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Le magasinage thérapeutique : quand devient-il un problème, et que faire?
Gestion des dettes

Le magasinage thérapeutique : quand devient-il un problème, et que faire?

Miral Naik Rédigé par Miral Naik
Publié Mis à jour 6 min de lecture
Révisé par notre équipe éditoriale
Fait partie de Budget et gestion de l’argent

Le magasinage thérapeutique, c’est faire des achats pour se sentir mieux sur le plan émotionnel. On s’y tourne parfois pour gérer le stress, la tristesse, l’ennui ou l’anxiété. On magasine alors à cause de ces facteurs sous-jacents, et non pour combler un réel besoin. Le magasinage thérapeutique peut donner un regain d’humeur à court terme, mais il peut aussi nuire aux finances et à la santé mentale avec le temps. Surtout avec le coût de la vie élevé au Canada, la pente peut être glissante. 

Qu’est-ce que le magasinage thérapeutique?

Le magasinage thérapeutique, c’est fureter, faire du lèche-vitrine ou acheter des choses. C’est une façon de se remonter le moral, d’avoir l’impression de garder le contrôle ou de se distraire de sentiments désagréables ou négatifs. On ressent souvent une petite « dose » de plaisir en choisissant des articles, parfois en faisant des recherches et en lisant des avis, et en attendant l’achat avec impatience. C’est tout le processus qui procure cette « dose », pas seulement le fait de posséder l’article. 

Fait intéressant, ce n’est pas toujours lié au prix des articles. Les petites folies impulsives, comme un café de luxe, des chandelles ou des aubaines trouvées rapidement en ligne, peuvent avoir le même effet que les grosses dépenses. 

Sur le plan psychologique, c’est une stratégie d’adaptation axée sur les émotions. Le magasinage thérapeutique aide à changer la façon dont on se sent pendant un moment, en procurant un regain agréable à court terme. Par contre, il ne règle pas la véritable source du stress. 

La plupart des gens le font seulement à l’occasion, en respectant un budget fixe. Par exemple, en mettant de l’argent de côté pour un repas à emporter ou un café de temps en temps. Ou en économisant pour un jean coûteux mais durable, plutôt que d’acheter de la mode éphémère. Planifier la petite folie la rend moins impulsive. Elle ressemble alors davantage à une gâterie sans conséquence. Elle nuit donc moins à vos finances et à votre santé mentale.

Pourquoi le magasinage thérapeutique est-il préoccupant? 

Le magasinage thérapeutique peut faire du bien pendant un moment. Acheter quelque chose de nouveau peut déclencher la libération de dopamine, la substance chimique du bien-être dans le cerveau. Ça procure un soulagement rapide du stress ou de la tristesse, mais ça ne dure pas longtemps. Une fois l’excitation du début passée, l’envie de « se gâter » revient, ce qui crée un cycle qui peut être difficile à gérer.

Si vous achetez des choses dont vous n’avez pas besoin, ou que vous ne voulez même pas vraiment, ça peut être préoccupant. Dans ce cas, vous ne les utiliserez probablement pas beaucoup, et vous les oublierez peut-être même après un certain temps. C’est de l’argent gaspillé, et ça peut aussi causer de l’encombrement et des regrets. Avec le temps, on se rend compte qu’on essaie de combler des besoins plus profonds en achetant des biens matériels. Ça fonctionne rarement.

Une grande préoccupation, c’est que ça peut se transformer en dépenses compulsives ou en dépendance. C’est quand l’envie ressemble à un « besoin ». Ça peut aussi nuire à votre santé mentale, surtout si vous avez du mal à joindre les deux bouts. Bien des gens ressentent de la culpabilité, de la honte ou de l’anxiété à ce sujet. Ça peut aussi nuire aux relations personnelles si on n’en parle pas honnêtement. Vous essayez peut-être d’économiser pour quelque chose d’important à vos yeux, comme un voyage ou des études. Les folies impulsives peuvent retarder ou empêcher ce projet. Si vous ne faites pas attention, ça peut aussi mener à l’endettement. 

En fin de compte, le magasinage thérapeutique n’est pas toujours nuisible. S’il devient votre mécanisme d’adaptation par défaut, ça vaut la peine de vous pencher sur les émotions sous-jacentes. Trouver des façons plus saines de gérer le stress peut être plus économique, tout en offrant un réconfort durable.

Les signes que votre magasinage thérapeutique pose problème

Au Canada, bien des facteurs entrent en jeu. En ce moment, on observe à la fois un endettement élevé des consommateurs et un accès facile au crédit. Les gens peuvent donc obtenir de l’argent à dépenser qu’ils ne peuvent pas rembourser, puis se retrouver pris au piège de l’endettement. Céder aux folies et dépendre du crédit peut aggraver ce cycle. Ajoutez à ça le marketing constant pour les biens de consommation et le reste, qui donne aux gens l’envie de dépenser. Avec tout ça, il peut être facile de s’endetter et d’en devenir dépendant.

Bien des gens se laissent aller au magasinage thérapeutique à l’occasion. Pour certains, ça peut devenir un problème. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs des points suivants, vous auriez peut-être intérêt à examiner vos habitudes de dépenses :

  • avoir l’impression de magasiner très souvent
  • cacher ses achats
  • ressentir une forte envie de magasiner quand on est stressé ou contrarié
  • retourner régulièrement des articles dont on n’avait pas besoin ou qu’on n’a pas les moyens de s’offrir
  • avoir des « doubles » et des articles de rechange dans bien des catégories de produits, plus qu’on en a réellement besoin
  • justifier ses achats à soi-même, ou se convaincre qu’on a vraiment « besoin » d’une chose
  • voir ses soldes de carte de crédit augmenter
  • avoir du mal à payer l’essentiel

Si le magasinage thérapeutique fait partie des raisons de votre endettement, sachez que bien des gens trouvent utile de commencer à suivre leurs entrées et sorties d’argent, c’est-à-dire leurs revenus et leurs dépenses. 

Que faire à la place?

Si vous vous reconnaissez dans les signes ci-dessus, pensez à apporter quelques changements à vos habitudes et à vos choix de dépenses. Voici quelques suggestions pour bien commencer :

  • Réservez une partie de votre budget pour les petites journées d’achats impulsifs. L’idée n’est pas de vous interdire toute gâterie. Tout le monde a ces moments-là : prévoyez-les simplement dans votre budget et respectez la limite.
  • Misez sur les expériences plutôt que sur les achats. Même si vous dépensez, faites-le pour quelque chose que vous voulez vraiment. Par exemple, vous pourriez réduire vos achats impulsifs et économiser pour les vacances dont vous rêvez.
  • Allez marcher : vous augmenterez naturellement votre taux d’endorphines. C’est bon pour la santé, et c’est gratuit!
  • Essayez d’adopter des habitudes de dépenses réfléchies. Repérez vos déclencheurs de dépenses. Demandez-vous si vous en avez besoin, si vous en avez envie et si ça entre dans votre budget.
  • Fixez-vous un délai. Un jour ou trois jours, c’est populaire chez les gens qui essaient de réduire leur magasinage thérapeutique. Attendez la fin de ce délai avant de vous permettre de cliquer sur « Acheter ». Attendez de voir si vous voulez encore l’article. Bien souvent, on se rend compte qu’on n’en veut même plus.
  • Désabonnez-vous des courriels promotionnels.
  • Supprimez vos modes de paiement enregistrés ou les renseignements de votre carte de crédit dans les applis des magasins et les sites de magasinage.

Points à retenir

Le magasinage thérapeutique, c’est quand on magasine pour se sentir mieux sur le plan émotionnel. C’est souvent une stratégie d’adaptation émotionnelle qui aide à se sentir mieux pendant un moment. La plupart des gens le font à l’occasion pour se gâter, et ça reste une gâterie plutôt inoffensive. Par contre, si vous ressentez une forte envie de magasiner pour vous sentir mieux, ou si ça ressemble à un « besoin », vérifiez si les signes s’appliquent à vous. Il y a bien des choses que vous pouvez faire à la place, sans que ça coûte quoi que ce soit. Vous pouvez aussi réserver des fonds dans votre budget pour ces moments d’impulsion, puisque tout le monde en a parfois. Ça devient un problème quand ça commence à nuire à votre santé mentale ou à vos finances. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.