Dépenser vous procure un petit frisson? Vos relevés de carte de crédit vous surprennent-ils souvent, avant de vous stresser? Vous vivez toujours d’une paie à l’autre, même en essayant de dépenser prudemment? Si vous avez répondu oui à ces questions, vous avez peut-être un profil dépensier.
Les caractéristiques d’un profil dépensier
En général, quand vient le temps de dépenser, la plupart des gens ressentent un léger inconfort, qu’on appelle aussi la « douleur de payer ». Cet inconfort incite à prendre une pause avant un achat. Cette pause permet de se demander si on veut vraiment aller de l’avant. Les grippe-sous, qui consomment peu, s’accrochent à leur argent parce qu’ils ressentent cet inconfort à l’extrême. Une personne dépensière, au contraire, est beaucoup moins touchée par cet inconfort. Ce manque d’inconfort au moment de l’achat lui permet de dépenser plus facilement. En fait, elle ne ressent souvent aucun inconfort. Du moins, pas avant de consulter son compte bancaire ou son relevé de carte de crédit.
Scott Rick, titulaire d’un doctorat, explique pourquoi les personnes dépensières ressentent moins la « douleur de payer ». Selon ses recherches à titre de professeur agrégé de marketing à la Ross School of Business, les personnes dépensières sont très douées pour « voir tout comme un investissement », même si cet investissement n’est qu’une histoire à raconter. Autrement dit, elles sont douées pour trouver une raison d’acheter. D’autres prennent leurs décisions d’achat de façon plus objective.
Les signes courants d’un profil dépensier
- Vous achetez souvent sur un coup de tête
- Vous n’avez pas de plan financier
- Vous magasinez pour vous sentir mieux
- Vous avez beaucoup de dettes
- Vous manquez des paiements de factures
- Vous renoncez à épargner
- Vous vivez au-dessus de vos moyens
Repérer un profil dépensier
L’échelle des dépensiers et des grippe-sous
En 2008, Scott Rick et ses collègues ont présenté l’échelle des dépensiers et des grippe-sous. Un court questionnaire sert à évaluer l’intensité de la « douleur de payer » que ressent une personne. Selon ses réponses, elle est placée sur l’échelle. Plus le résultat est élevé, plus la personne a tendance à être dépensière. Ses recherches ont montré que de 50 à 60 % des gens se situent au milieu. Le reste se répartit également entre les grippe-sous et les dépensiers.
Les recherches montrent aussi que les personnes dépensières sont plus nombreuses dans certains groupes démographiques. Par exemple, les femmes sont plus susceptibles d’être dépensières que les hommes. La profession est encore plus révélatrice : les grippe-sous sont plus nombreux dans des domaines comme les sciences, la technologie et les mathématiques, alors que les dépensiers se tournent vers les communications, le travail social et les arts.
L’inné ou l’acquis
L’acquis
Selon la recherche, la façon dont un enfant est élevé joue un rôle dans sa position sur l’échelle, mais surtout du côté des grippe-sous. Le « trouble de stress post-dèche » est un stress sous-jacent lié à l’argent qu’une personne ressent après avoir vécu des difficultés financières. Ce stress peut parfois persister et influencer ses habitudes de dépenses, même une fois les difficultés passées. Souvent, ces expériences surviennent pendant l’enfance.
L’inné
L’inné n’est pas complètement exclu quand il s’agit d’avoir un profil dépensier. Des recherches intéressantes ont examiné les habitudes financières des enfants. L’une des plus célèbres est l’étude de la guimauve.
Le chercheur Walter Mischel a mené une étude sur la gratification différée chez les enfants. En bref, on offrait aux enfants le choix entre deux gâteries : une guimauve et un bretzel. On leur disait ensuite que s’ils attendaient le retour de l’expérimentateur, ils pourraient avoir leur gâterie préférée. Par contre, s’ils demandaient à l’expérimentateur de revenir plus tôt, ils ne pourraient avoir que l’autre gâterie, moins appréciée. Certains de ces enfants avaient une tâche amusante ou agréable à faire pendant l’attente. Ceux qui avaient une tâche amusante avaient tendance à attendre, et obtenaient donc leur gâterie préférée.
Deux aspects notables de cette étude s’appliquent bien aux personnes dépensières. D’abord, la tolérance à la gratification différée semble être en partie innée. Comme pour la plupart des choses, certaines personnes y sont naturellement plus portées que d’autres. Ensuite, quand quelque chose d’agréable nous distrait, on arrive mieux à différer la gratification.
Ce deuxième aspect, l’utilisation d’une distraction, est très important quand on pense aux personnes dépensières. Comme le montrent les recherches du professeur Rick mentionnées plus haut, les personnes dépensières aiment trouver une raison d’acheter quelque chose. Leur « distraction agréable » est justement ce qui leur donne encore plus envie d’acheter.
Pour les personnes dépensières, c’est une double bonne nouvelle. La première, c’est que si vous avez tendance à vous en vouloir pour ce comportement, vous pouvez arrêter. Ce n’est pas un défaut, c’est simplement votre tendance naturelle, et en prendre conscience est un grand pas vers le changement. Continuez votre lecture pour découvrir la deuxième bonne nouvelle, dans la section des conseils pour composer avec un profil dépensier.
Les difficultés des personnes dépensières
Il est important que les personnes dépensières apprennent à gérer leur tendance à trop dépenser. Sinon, elles risquent souvent :
- De vivre continuellement d’une paie à l’autre
- De se retrouver avec des dettes ingérables
- D’avoir une faible cote de crédit
- D’avoir des problèmes de santé à cause du stress financier
- De limiter leur avenir en raison d’une épargne insuffisante ou d’occasions ratées
Des conseils pour aider les personnes dépensières à moins dépenser
Mettez toutes les chances de votre côté
Les magasins savent très bien comment inciter les gens à dépenser. Une tactique courante consiste à placer des articles très tentants, habituellement petits et peu coûteux, à l’entrée du magasin. Ils le font parce qu’ils savent qu’un article tentant, mais peu coûteux, a de bonnes chances de finir dans le panier. C’est ce qu’on appelle un achat d’amorçage. Cet article en apparence anodin sert à ouvrir votre esprit, et votre portefeuille, à l’idée et au geste de dépenser. Les détaillants savent qu’en vous mettant dans cet état d’esprit tôt, vous risquez de dépenser plus que prévu.
Comment une personne dépensière peut-elle contrer cette tactique? En passant à l’offensive. Avant d’entrer dans le magasin, décidez de « dire non » au premier article qui vous tente, quel qu’il soit. Ça conditionnera votre cerveau et votre corps à ne pas acheter. Avec cet état d’esprit, vous serez en bonne position pour faire des choix de dépenses plus éclairés.
Fixez-vous un délai (la deuxième bonne nouvelle)
En toute transparence, l’étude de la guimauve a été refaite par d’autres chercheurs des années plus tard, et ils n’ont pas réussi à reproduire les mêmes résultats. Cela dit, les résultats de l’étude originale ont inspiré plusieurs autres études. L’une d’elles a montré que le simple fait de savoir combien de temps on doit attendre aide à mieux tolérer la gratification différée.
Qu’est-ce que ça signifie pour les personnes dépensières? Qu’elles peuvent utiliser leur budget comme minuterie! En ajoutant une ligne à son budget, une personne dépensière peut établir un échéancier indiquant quand elle aura l’argent pour acheter ce qu’elle veut. Elle peut ensuite encercler la date sur son calendrier et s’en servir pour gérer son envie de dépenser.
Utilisez les obstacles
Une excellente façon de décourager les comportements que vous voulez éviter, c’est de les rendre plus difficiles. Pour une personne dépensière, ça pourrait ressembler à ceci :
- Utiliser de l’argent comptant plutôt qu’une carte de débit ou de crédit
- Retirer les renseignements de carte de crédit de ses appareils
- Utiliser des virements automatiques vers l’épargne
- S’imposer un délai de 24 heures avant tout achat
- Demander à une personne de confiance de vous aider à respecter vos limites de dépenses
En résumé
Oui, avoir un profil dépensier comporte des défis, mais ce n’est pas la fin du monde, et ce n’est pas un problème insurmontable. En fait, des études montrent que, quand une personne dépensière est triste, un peu de magasinage thérapeutique (en petite quantité) peut lui faire du bien. Le sentiment de contrôle et d’autonomie l’aide à se sentir mieux. L’essentiel est de connaître vos tendances et d’avoir un plan pour prévenir les problèmes avant qu’ils surviennent.
Si vos dettes sont devenues ingérables à cause de vos tendances dépensières, nous pouvons vous aider. Pendant une consultation gratuite, l’un de nos conseillers en crédit qualifiés passera en revue avec vous un plan de désendettement personnalisé.