L’indication de prix partiel (en anglais, « drip pricing ») est une technique qui consiste à annoncer un prix de base, puis à ajouter différents frais (obligatoires ou facultatifs) tout au long du processus d’achat, avant que vous puissiez faire le paiement final. Le montant final peut ainsi être beaucoup plus élevé que le prix annoncé au départ.
Cette pratique a fait grimper l’insatisfaction des consommateurs, et le gouvernement fédéral la considère comme une pratique commerciale trompeuse.
Qu’est-ce que l’indication de prix partiel?
L’indication de prix partiel est une technique de tarification et de marketing. Les entreprises annoncent un produit ou un service à un prix plus bas. Elles ajoutent ensuite d’autres frais pendant que vous finalisez l’achat. Le coût final peut être bien plus élevé que le prix annoncé au départ, puisque les frais supplémentaires s’ajoutent « au compte-gouttes » au fil du processus.
Pourquoi cette pratique est-elle devenue si répandue?
Le prix annoncé au départ semble bas ou abordable, ce qui sert d’appât pour attirer la clientèle. Les vendeurs offrent souvent la possibilité de choisir seulement le tarif de base. Si vous n’avez besoin d’aucune option supplémentaire, vous pourriez payer le vrai prix de base. Dans bien des secteurs, comme le transport aérien, le tarif de base, même s’il est techniquement offert, ne donne droit qu’au strict minimum. Bien des gens ne veulent pas d’une expérience aussi dépouillée, alors ils n’ont souvent pas d’autre choix que d’ajouter des options.
De plus, le biais d’achèvement et le piège des coûts irrécupérables jouent un rôle. On a tendance à vouloir terminer une tâche dans laquelle on a investi du temps, alors on risque de poursuivre l’achat même en voyant des frais supplémentaires. Aussi, dans bien des cas, passer à un autre fournisseur risque de donner une expérience semblable, alors on a moins envie de faire cet effort et de tout recommencer.
L’indication de prix partiel au Canada
Les compagnies aériennes
Le transport aérien est l’un des secteurs où les gens sont le plus souvent confrontés à l’indication de prix partiel. Le Bureau de la concurrence a récemment lancé une étude de marché sur la concurrence dans le secteur du transport aérien intérieur. Cette étude portera aussi sur des pratiques comme l’indication de prix partiel, ce qui pourrait faire de pratiques de tarification plus équitables la norme dans l’industrie.
La tarification aérienne commence par un tarif de base pour le billet d’avion, auquel s’ajoutent des frais pour le choix du siège, les bagages, l’embarquement prioritaire, les repas à bord, et plus encore.
Les télécommunications
Le Canada a certains des forfaits de téléphonie cellulaire les plus chers du monde industrialisé. Il existe des options moins coûteuses qui offrent moins de données, ou pas de données du tout.
Certains fournisseurs de télécommunications attirent la clientèle avec un tarif mensuel plus bas pour leurs forfaits cellulaires, auquel s’ajoutent des frais d’activation, des frais de carte SIM et des frais de dépassement de données.
Les événements avec billets
L’indication de prix partiel a aussi fait son entrée dans ce secteur, qu’il s’agisse de sports, de concerts, de cinéma ou d’autres événements. Ces événements annoncent un prix de base pour le billet, auquel s’ajoutent des frais de service, des frais de commodité, des frais de traitement, des frais d’installation, et plus encore, selon le type d’événement.
Par exemple, le Bureau de la concurrence a enquêté sur Cineplex pour avoir ajouté, en juin 2022, des frais obligatoires de réservation en ligne de 1,50 $ qui n’étaient pas inclus dans le prix annoncé des billets. L’entreprise a ainsi perçu près de 39 millions de dollars et a reçu une amende. Elle a fait appel de la décision. Comme nous évoluons vers une société sans argent comptant, les consommateurs devront rester à l’affût de ce genre de situation.
Les réservations d’hôtel
Les hôtels offrent un tarif standard par nuit, auquel s’ajoutent notamment des frais de stationnement, des frais de villégiature, des frais de Wi-Fi, des taxes touristiques et des frais de service.
Les conséquences de l’indication de prix partiel
La plus grande conséquence est l’impact financier sur les consommateurs, puisque leurs achats coûtent plus cher que prévu. Dans le contexte économique actuel, où bien des gens essaient déjà de joindre les deux bouts avec prudence, ces coûts s’additionnent rapidement.
De plus, il devient plus difficile de comparer les prix pour trouver le meilleur rapport qualité-prix. Les consommateurs aiment souvent comparer les prix avant de magasiner, surtout s’ils essaient de respecter un budget ou de dépenser de façon réfléchie. Avec l’indication de prix partiel, impossible d’évaluer avec précision le vrai prix d’un achat avant d’avoir presque terminé la transaction. Il est donc difficile de comparer les prix, et les acheteurs ne savent souvent même pas s’ils obtiennent un prix juste. C’est aussi injuste pour les autres vendeurs qui respectent les règles et affichent les vrais coûts dès le départ.
Enfin, cette pratique mine la confiance. Les consommateurs risquent de se sentir trompés en voyant tous ces frais s’additionner. Cela leur laisse une impression négative, surtout s’il s’agit de frais obligatoires qui n’avaient pas été divulgués. Ne pas pouvoir faire confiance au vendeur chez qui on veut acheter crée un malaise dans le processus de décision. Pour n’importe quelle entreprise, ce n’est probablement pas une bonne stratégie à long terme, puisqu’elle risque de perdre des clients à cause de cette expérience négative et de la confiance ébranlée.
Les règles et la réglementation
En 2024, la réglementation dans ce domaine vise surtout les frais obligatoires. Comme bien des frais ajoutés par l’indication de prix partiel sont des options facultatives, ils sont techniquement conformes à la loi. C’est le cas, par exemple, dans le transport aérien, où le tarif de base est techniquement offert. Pourtant, la plupart des gens finissent quand même par devoir payer des frais supplémentaires.
La réglementation actuelle exige aussi que les entreprises divulguent le montant total avant l’achat final. Même si elles ajoutent les frais « au compte-gouttes », elles affichent le montant total à la fin du processus, alors ces entreprises respectent encore une fois techniquement la loi.
La situation évolue depuis quelques années. On le voit dans les changements fédéraux apportés à la réglementation sur l’affichage des prix, qui qualifient les frais non divulgués de pratique commerciale nuisible.
Le statut juridique
En juin 2022, le gouvernement fédéral a modifié la Loi sur la concurrence pour préciser explicitement que l’indication de prix partiel est illégale. Elle est maintenant considérée comme une infraction criminelle et une pratique commerciale trompeuse. À l’heure actuelle, des lois sur la protection du consommateur encadrent les frais supplémentaires obligatoires.
Le Bureau de la concurrence veille activement à l’application de ces règles et se charge de tenir les entreprises responsables. Le Bureau invite toute la population canadienne à lui signaler ce genre de frais. De cette façon, il peut tenir les entreprises responsables au nom des contribuables canadiens. Il peut aussi imposer des amendes importantes, comme il l’a fait dans le cas de Cineplex mentionné plus haut. Le Bureau a aussi imposé des amendes à d’autres entreprises pour des frais semblables, et bon nombre d’entre elles font actuellement l’objet de recours collectifs.
Ce qu’il faut retenir
L’indication de prix partiel est une technique de marketing qui consiste à attirer la clientèle avec un prix plus bas, puis à ajouter d’autres frais « au compte-gouttes » tout au long du processus d’achat. Le prix final est beaucoup plus élevé, et on finit par payer plus que prévu, souvent parce que certains de ces frais ne sont même pas facultatifs.
L’indication de prix partiel existe dans des secteurs aussi variés que le transport aérien, les télécommunications, les événements sportifs, le cinéma, l’hôtellerie, et plus encore. À long terme, elle peut nuire à la valeur de marque et à la réputation d’une entreprise. Elle a un impact financier négatif important. Elle rend difficile la comparaison précise des prix avant un achat. C’est particulièrement important si votre budget est déjà serré ou si vous essayez de reprendre le contrôle de vos finances. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.