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Vivre avec un handicap : équité salariale et aide financière
Gestion des dettes

Vivre avec un handicap : équité salariale et aide financière

Miral Naik Rédigé par Miral Naik
Publié 8 min de lecture
Révisé par notre équipe éditoriale
Fait partie de Impôts et prestations gouvernementales

Partout dans le monde, les personnes handicapées font face à d’importantes difficultés financières. Même au Canada, cet écart financier est bien documenté. En 2022, l’Enquête canadienne sur l’incapacité a révélé que 27 % des Canadiens (âgés de 15 ans et plus) avaient une ou plusieurs incapacités. Bien des personnes vivant avec un handicap ont du mal à joindre les deux bouts tout en épargnant pour l’avenir. Elles font aussi face à un écart d’équité salariale et de patrimoine global par rapport aux personnes sans handicap. Le gouvernement canadien a créé de nombreuses options d’aide financière pour les personnes vivant avec un handicap.

Les difficultés financières des Canadiens handicapés

En date de 2022, environ 8 millions de Canadiens de 15 ans et plus vivent avec un handicap, soit 27 % de la population. C’est cinq points de pourcentage de plus qu’en 2017, alors que 6,2 millions de Canadiens vivaient avec un handicap, soit 22 % de la population. Cette hausse est attribuée au vieillissement de la population canadienne et à la fréquence croissante des incapacités liées à la santé mentale chez les adultes canadiens en âge de travailler, ainsi que chez les jeunes. Les handicaps ne touchent pas qu’un petit groupe restreint : à un moment ou à un autre, bien des gens se retrouvent avec une forme d’incapacité, que ce soit à court terme ou de façon prolongée. Par exemple, certaines personnes peuvent avoir besoin d’appareils auditifs ou d’une marchette, à long terme ou comme soutien pendant leur réadaptation et leur rétablissement. Un handicap peut toucher n’importe qui, et tout le monde mérite de vivre dans la dignité.

Des études montrent que les Canadiens handicapés possèdent en moyenne 25 % moins d’actifs que les personnes sans handicap, en excluant le logement. C’est un écart considérable dans l’accumulation de patrimoine, qui peut nuire à la capacité d’une personne d’atteindre la sécurité financière, ou même de commencer à se constituer un fonds d’urgence.

En plus de l’écart d’équité salariale et de patrimoine, les personnes vivant avec un handicap ont des coûts plus élevés. Bien des frais supplémentaires sont liés à un handicap : médicaments sur ordonnance, examens, mesures d’adaptation et équipement spécialisé, entre autres. Si le handicap nuit à l’emploi, le potentiel de revenu global de la personne est aussi plus limité. Même si le gouvernement fédéral offre bon nombre d’options d’aide et de soutien aux personnes vivant avec un handicap, les systèmes de soutien provinciaux sont souvent insuffisants en comparaison.

Les options d’aide financière

Le gouvernement canadien offre plusieurs programmes et options d’aide aux personnes vivant avec un handicap. En plus de ceux-ci, vous pourriez aussi être admissible à d’autres types d’aide financière.

  1. Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité (SCEI) : la SCEI verse des subventions de contrepartie dans le régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI). Son plafond à vie peut atteindre 70 000 $ par personne.
  2. Bon canadien pour l’épargne-invalidité (BCEI) : le gouvernement verse des dépôts pour les familles à faible revenu qui vivent avec un handicap. Le plafond à vie du BCEI peut atteindre 20 000 $ par personne pour les familles à faible revenu. Aucune cotisation n’est requise.
  3. Régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) : ce programme a été lancé par le gouvernement canadien en 2008. C’est un régime d’épargne à long terme, avec un plafond de cotisation à vie pouvant atteindre 200 000 $.
  4. Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées (POSPH) : le POSPH est un programme provincial du gouvernement de l’Ontario. Il offre une aide financière, des prestations de santé et du soutien à l’emploi aux personnes handicapées. Le montant des prestations dépend de la situation personnelle de chacun. Une personne seule pourrait recevoir jusqu’à 1 368 $ par mois pour ses besoins essentiels et son logement, et davantage si elle est admissible à d’autres prestations ou si elle a d’autres membres de sa famille immédiate à sa charge.
  5. Crédit d’impôt pour personnes handicapées (CIPH) : le CIPH est un crédit d’impôt non remboursable destiné aux Canadiens ayant une incapacité physique ou mentale prolongée. Il réduit l’impôt sur le revenu que doivent payer les personnes admissibles.
  6. Prestation canadienne pour les personnes handicapées (PCPH) : depuis juillet 2025, les personnes handicapées à faible revenu peuvent recevoir environ 200 $ par mois. Le montant final peut varier selon la situation personnelle de chacun. Cette prestation s’ajoute à l’aide provinciale actuelle pour les personnes handicapées.

Un fardeau de dettes plus lourd

Les personnes handicapées risquent davantage de porter un fardeau de dettes plus lourd que la population en général. Une enquête de 2022 sur l’incapacité a révélé que plus d’une personne répondante sur quatre avait une ou plusieurs incapacités. Seulement de 2017 à 2022, le taux d’incapacité chez les 15 à 24 ans a augmenté de 7 points de pourcentage. En 2020, plus de 1,3 million de personnes handicapées au Canada vivaient dans la pauvreté.

Environ un tiers des travailleurs canadiens aident une personne ayant une incapacité chronique, ce qui entraîne une perte de productivité de 1,3 milliard de dollars par année. Pourtant, une enquête de 2024 a révélé que 38 % des personnes handicapées n’ont pas accès à l’aide dont elles ont besoin pour vivre de façon autonome. Dans les ménages canadiens à faible revenu, seulement 18,5 % des personnes handicapées reçoivent un soutien adéquat pour leurs activités quotidiennes. Selon l’Enquête canadienne sur le logement de 2021, 10 % des personnes handicapées ont manqué un paiement de loyer ou de prêt hypothécaire au cours de la dernière année, comparativement à 6 % des personnes sans handicap.  

Ces facteurs laissent croire que les ménages touchés par un handicap sont susceptibles de compter encore davantage sur l’endettement pour répondre à leurs besoins financiers. En 2022, 62 % des Canadiens handicapés occupaient un emploi. Malgré tout, l’écart d’équité salariale demeure un problème. Les ménages qui comptent des personnes handicapées déclarent des revenus annuels plus faibles que les ménages sans handicap, ce qui montre clairement l’écart salarial et la plus grande disparité de rémunération entre ces groupes.

Comparaison de l’endettement

Au troisième trimestre de 2023, le ratio de la dette au revenu des ménages canadiens a atteint 181,6 %, juste un peu sous le sommet record de 186,2 % enregistré à la fin de 2021. En comparaison, la dette moyenne des ménages canadiens représentait 177 % du revenu disponible en 2019. Depuis quelques années, le ratio de la dette au revenu au Canada est donc l’un des plus élevés du monde occidental, une statistique très inquiétante qui montre la fragilité de notre économie actuelle. Il est alors fort probable que les ménages touchés par un handicap aient un ratio de la dette au revenu encore plus élevé, puisqu’ils sont susceptibles d’avoir une équité salariale moindre et de subir de plus grandes pressions financières.

Conseils pour les personnes handicapées

Si vous vivez avec un handicap, prenez soin d’une personne handicapée ou composez avec un handicap dans votre ménage, voici quelques conseils :

Explorez

Explorez toutes les prestations auxquelles vous avez droit. Prenez le temps de faire vos recherches et présentez une demande pour tous les programmes gouvernementaux, subventions et crédits d’impôt pertinents. Pendant vos démarches, notez les documents et les pièces justificatives que vous devrez fournir à l’appui de votre demande. Il est important d’avoir tous vos documents importants sous la main, ce qui facilitera le processus. Si votre handicap complique ces démarches, demandez de l’aide à des proches, à des amis ou à des personnes aidantes de confiance. Restez à l’affût des signes d’abus financier et protégez-vous.

REEI

Ouvrez et utilisez votre REEI (régime enregistré d’épargne-invalidité). Profitez des cotisations de contrepartie et des subventions du gouvernement, et bâtissez une épargne à long terme. Le REEI a un plafond de cotisation à vie élevé, et le gouvernement fédéral y verse aussi des subventions et des bons. Si vous êtes admissible, faites une demande.

Faites un budget réfléchi

Tenez compte de toutes vos dépenses liées au handicap pour avoir un portrait plus clair de votre situation et mieux les prévoir dans votre budget. Cela pourrait demander quelques ajustements à vos habitudes de dépenses actuelles. L’avantage : une plus grande tranquillité d’esprit, puisque vous saurez que toutes vos dépenses essentielles seront couvertes. Un budget clair vous aidera aussi à commencer à épargner ou à vous constituer un fonds d’urgence. Si des dépenses imprévues surviennent, le fonds d’urgence pourra vous aider à les couvrir, ce qui vous permettra d’éviter les dettes et de bâtir une base financière plus solide. Vous pouvez demander de l’aide à une personne de confiance dans votre entourage ou chercher des ressources adaptées aux personnes dans votre situation.

Demandez conseil

Si vous en avez la possibilité, demandez des conseils financiers. Essayez de trouver une personne spécialisée en planification financière liée au handicap : elle sera mieux placée pour vous aider à planifier en fonction de vos besoins particuliers. Elle pourrait aussi avoir plus d’information sur votre admissibilité aux programmes d’aide gouvernementaux.

Programmes de soutien

Renseignez-vous sur les programmes de soutien à l’emploi. Par exemple, le POSPH (Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées) peut vous aider dans votre recherche d’emploi et vous donner accès à des occasions d’emploi. Si vous occupez un emploi, les programmes de soutien peuvent aussi vous aider à obtenir des mesures d’adaptation au travail.

Ce qu’il faut retenir

Les Canadiens vivant avec un handicap font face à une plus grande disparité financière, à une équité salariale moindre et à des dépenses plus élevées que les Canadiens sans handicap. En date de 2022, 8 millions de Canadiens vivent avec un handicap. C’est 27 % de notre population. Pourtant, ces personnes possèdent en moyenne 25 % moins d’actifs et sont susceptibles de porter un fardeau de dettes plus lourd.

À l’heure actuelle, les personnes handicapées se battent toujours pour l’équité salariale. Elles déclarent en moyenne des revenus plus faibles que les ménages sans handicap. Elles sont aussi susceptibles de subir de plus grandes pressions financières en raison de dépenses plus élevées. Profitez des subventions et du soutien du gouvernement, et prévoyez de la place dans votre budget pour couvrir ces dépenses. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.