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Comprendre l’économie canadienne à votre arrivée au pays
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Comprendre l’économie canadienne à votre arrivée au pays

Mubina Kapasi Rédigé par Mubina Kapasi
Publié 11 min de lecture
Révisé par notre équipe éditoriale

Permettez-moi d’abord de vous féliciter de votre arrivée dans un pays diversifié, dynamique et rempli de possibilités! À mon arrivée au Canada, j’ai appris certaines choses sur l’économie et la culture canadiennes qui m’ont été très utiles pour profiter au maximum de ces possibilités. J’ai hâte de vous en faire part ici.

À quel moment un endroit devient-il chez soi? Quand on connaît les gens, les lieux, les usages et les lois du pays. Cette familiarité apporte un sentiment de confort. C’est pourquoi il est essentiel de vous familiariser non seulement avec votre nouvel emploi et les endroits que vous fréquentez près de chez vous, mais aussi avec les aspects financiers et économiques de votre nouveau pays : le Canada.

Vos premiers jours au pays seront consacrés à la recherche d’un logement et d’un emploi. Les suivants, à vous installer dans votre nouveau logement et votre nouvel emploi. Ensuite, vous explorerez les commerces et les lieux de divertissement du quartier. Ce sont les nécessités de base. Ce n’est qu’après que vous passez au niveau suivant, c’est-à-dire acquérir une compréhension de base des produits financiers et de l’économie du Canada. Cela améliore vos compétences en gestion de l’argent et vous aide à mieux comprendre vos chances de réussir dans votre nouveau pays. Commençons donc par les grandes lignes, soit la composition de base de l’économie canadienne.

L’économie canadienne

L’économie canadienne est très développée. Elle se classe au 8e rang mondial pour le PIB nominal.

Il existe trois grands types d’industries :

Les industries de services, comme le transport, l’éducation, les soins de santé et la construction. Plus de 75 % des Canadiens qui travaillent occupent aujourd’hui un emploi dans les industries de services.

Le deuxième type est la fabrication. Le papier, l’équipement de haute technologie, la technologie aérospatiale et les automobiles comptent parmi les principaux produits. Le plus grand partenaire commercial du Canada est les États-Unis.

Le troisième type regroupe les industries des ressources naturelles, dont la foresterie, la pêche, l’agriculture, les mines et l’énergie. Bien des régions sont riches en ressources naturelles, en particulier en pétrole et en métaux.

Une grande partie de la population, près de 30 %, vit à Toronto, à Montréal et à Vancouver. Cette répartition inégale de la population s’explique par l’économie et le climat du Canada.

L’état de l’économie canadienne

Alors que le pays sort de l’emprise de la COVID-19, la croissance économique a atteint 3,8 % en 2022. Toutefois, le pays connaît une forte hausse des prix, qu’on appelle l’inflation. En décembre, le taux d’inflation annuel était de 6,3 %. La Banque du Canada est la banque centrale du pays. Elle vise à ramener l’inflation à 2 %. Elle détermine aussi les taux d’intérêt dans l’économie. Ces taux jouent un rôle important dans l’établissement des taux des prêts hypothécaires, des prêts auto et des autres prêts. La Banque du Canada a relevé ce taux d’intérêt de 425 points de base (soit 4,25 %) au cours des 10 derniers mois, pour le porter à 4,5 %. Elle le fait pour freiner l’inflation. Des taux d’intérêt plus élevés ralentissent l’inflation : quand il devient plus difficile de dépenser, la demande diminue. L’offre peut alors rattraper la demande, ce qui freine l’inflation.

Les services bancaires

Au Canada, il existe deux grands types de comptes bancaires : le compte chèques et le compte d’épargne. Un compte chèques de base vous permet de faire des chèques et d’utiliser une carte de débit. Les banques facturent des frais pour la tenue d’un compte chèques de base. Ces frais dépendent des caractéristiques du compte. Toutefois, comme personne nouvellement arrivée, vous pourriez avoir droit à un compte sans frais pendant votre première année. Ces offres sont un moyen pour les banques et les institutions financières d’attirer de nouveaux clients.

Certaines banques numériques, c’est-à-dire des banques sans succursales physiques, peuvent offrir des comptes sans frais pour toujours. Les comptes d’épargne et de placement sont utiles si vous voulez épargner. Ils offrent un taux d’intérêt plus élevé que les comptes chèques. Sachez simplement que ces comptes limitent le type et le nombre de transactions permises. Une bonne façon de choisir une banque est de comparer celles qui offrent le plus de fonctionnalités pour les frais les plus bas.

Vous voudrez aussi trouver les meilleurs taux pour un compte d’épargne, surtout que les taux d’intérêt sont à la hausse dans l’économie. Si vous comptez envoyer de l’argent à l’étranger, il est aussi judicieux de comparer les frais de transfert international. Cela dit, bien d’autres institutions que les banques peuvent faciliter les transferts d’argent.

La cote de crédit

Comme personne nouvellement arrivée, vous n’avez pas d’antécédents de crédit au Canada. On se bâtit des antécédents de crédit en payant ses factures à temps. Ces factures comprennent les paiements hypothécaires, les cartes de crédit, les services publics, le loyer, etc.

L’une des premières étapes pour bâtir vos antécédents de crédit est d’obtenir une carte de crédit. Si votre demande de carte de crédit ordinaire (non garantie) est refusée, optez pour une carte de crédit garantie. Sachez simplement que vous devrez verser un dépôt de garantie.

Assurez-vous de payer votre facture de carte de crédit à temps et de ne pas utiliser plus de 30 % de votre limite de crédit. Par exemple, si votre limite est de 1 000 $, ne dépensez pas plus de 300 $ avant de rembourser. En dépensant et en remboursant, vous bâtirez des antécédents de crédit, ce qui aidera votre cote. Une cote de crédit de 660 à 724 est considérée comme bonne. Vous pouvez consulter votre cote de crédit auprès d’Equifax ou de TransUnion.

Le marché immobilier canadien

Le marché immobilier au Canada croît rapidement. Après la pandémie, les prix de l’immobilier ont explosé, puis se sont calmés pour revenir à des niveaux un peu plus abordables. Comme l’immigration se poursuit, la forte demande de logements devrait se maintenir, surtout dans les grandes villes comme Toronto.

Le marché de l’habitation est vigoureux partout au Canada, en particulier en Ontario. Il l’est tellement qu’il y a une pénurie. Le Groupe d’étude sur le logement abordable de l’Ontario a été créé avec le mandat de s’attaquer à la pénurie de logements. Selon lui, l’Ontario a besoin de 1,5 million de logements au cours de la prochaine décennie. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement de l’Ontario a adopté une loi pour passer outre à certaines règles de zonage. Il espère ainsi libérer des terrains pour la construction.

L’achat d’une première maison

Pour acheter une maison, vous devrez demander un prêt hypothécaire. Il en existe plusieurs types, et vous devez prendre le temps de vous asseoir avec votre prêteur pour bien comprendre les avantages et les inconvénients de chacun. L’approbation d’un prêt hypothécaire dépend de nombreux facteurs, comme votre cote de crédit et votre revenu.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, l’absence d’antécédents de crédit peut dissuader les prêteurs d’approuver votre demande de prêt hypothécaire. Toutefois, il existe d’autres façons de prouver votre solvabilité. Une mise de fonds plus importante, une lettre de votre propriétaire qui atteste que vous payez régulièrement votre loyer ou même vos relevés bancaires peuvent vous aider.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) offre d’autres méthodes pour établir la solvabilité des emprunteurs sans antécédents de crédit.
Avec la résidence permanente, vous pouvez verser une mise de fonds d’aussi peu que 5 %. Il suffit de répondre aux exigences du prêteur en matière d’emploi et de solvabilité.

Sachez simplement que les acheteurs qui versent une mise de fonds de 5 à 19 % doivent souscrire une assurance auprès de la SCHL. La SCHL offre aussi des programmes pour aider les personnes nouvellement arrivées à obtenir un prêt hypothécaire, par exemple les prêts hypothécaires avec participation. Il existe aussi l’Incitatif à l’achat d’une première propriété, qui peut aider à réduire vos paiements hypothécaires mensuels.

L’emploi et le revenu

La population du Canada vieillit et son taux de natalité est parmi les plus bas au monde. En raison de cette composition démographique, le marché du travail est serré. C’est pourquoi les personnes nouvellement arrivées comme vous sont les bienvenues.

Les personnes nouvellement arrivées aident l’économie canadienne à tourner en comblant les nombreux postes vacants, surtout dans des secteurs comme les soins de santé, la construction et les services professionnels et scientifiques.

En novembre 2022, l’emploi salarié a augmenté, ce qui laisse croire à un excellent marché de l’embauche. Bien des industries ont aussi vu leur nombre de postes vacants diminuer. Le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale compte le plus de postes vacants, suivi de la construction. En décembre 2022, le taux de chômage a légèrement reculé.

Si vous êtes sans emploi, vous pourriez avoir droit à l’assurance-emploi (AE). Toutefois, vous devez cotiser à l’AE pendant que vous travaillez pour pouvoir en bénéficier au moment où vous en avez besoin. Il existe aussi bien d’autres prestations financières auxquelles vous pourriez avoir droit, du gouvernement fédéral ou de votre province.

La garde d’enfants

Le gouvernement du Canada offre des programmes de soutien financier aux familles avec enfants. L’Allocation canadienne pour enfants est versée aux familles qui ont des enfants de moins de 18 ans. Vous pourriez recevoir jusqu’à 6 833 $ par année par enfant pour vous aider à couvrir le coût d’élever une famille.

Les impôts et les taxes

L’impôt sur le revenu

Il existe divers impôts et taxes versés à trois ordres de gouvernement : fédéral, provincial et municipal. L’impôt est retenu automatiquement sur votre salaire tout au long de l’année. Si vous travaillez à votre compte, vous pourriez devoir payer votre impôt en un seul versement ou en plusieurs versements.

Chaque année, vous devez produire une déclaration de revenus et de prestations pour indiquer au gouvernement combien d’argent vous avez gagné et combien d’impôt vous avez payé. Si vous avez payé trop d’impôt, vous recevrez un remboursement. Si vous n’en avez pas payé assez, vous devrez payer la différence. Produire votre déclaration est une condition pour recevoir diverses prestations gouvernementales, comme l’Allocation canadienne pour enfants.

Le Canada utilise un système de tranches d’imposition. Selon votre revenu imposable, vous faites partie de l’une de plusieurs tranches d’imposition. Le revenu imposable correspond au revenu total moins les déductions et les exemptions admissibles. Chaque tranche est imposée à un taux différent. Avant de produire votre déclaration, vous devrez vérifier dans quelle tranche vous vous situez, puisque les tranches changent chaque année.

Réduire l’impôt à payer

Vous pouvez réduire votre revenu imposable total en déduisant certaines dépenses admissibles. Parmi les déductions possibles, il y a les frais de garde d’enfants et les pensions alimentaires versées à un ex-conjoint.

Vous pouvez aussi réduire votre impôt en déposant de l’argent dans des régimes d’épargne comme le CELI, le REER ou le REEE. (Nous y reviendrons dans la section sur les placements ci-dessous.)

De plus, le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux offrent chacun des crédits d’impôt. Ils servent à rajuster votre impôt à payer.

Les taxes de vente

Quand vous achetez des biens ou des services, vous devez payer la TPS. C’est le détaillant qui doit ajouter la TPS à votre facture. Dans certaines provinces, vous pourriez aussi devoir payer une TVP. Ailleurs, les deux taxes sont combinées en une TVH.

L’épargne et les placements

Le Canada offre deux comptes d’épargne individuels qui sont excellents pour épargner en vue de l’avenir : le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et le compte d’épargne libre d’impôt (CELI).

Le REER

Comme son nom l’indique, ce régime sert à épargner pour la retraite. Vous devez cotiser à votre REER avant le mois de mars de chaque année, parce que votre revenu imposable diminue du montant versé dans le régime. Les intérêts ou les revenus de placement que vous gagnez dans votre REER sont à l’abri de l’impôt, mais ils seront imposés au moment du retrait. Vous pouvez même emprunter à votre REER pour acheter votre première maison ou payer vos études. Toutefois, le montant que vous pouvez verser est limité. Vous pouvez cotiser jusqu’à 18 % de votre revenu de l’année précédente ou jusqu’au plafond de cotisation de l’année d’imposition, selon le montant le moins élevé. Vous pouvez détenir de l’argent comptant, de l’or, des CPG, des obligations, des fonds communs de placement, des FNB et plus encore dans un REER.

Le CELI

Vous pouvez placer votre argent dans un CELI, et tout le revenu qu’il génère est libre d’impôt. Toutefois, vos cotisations ne donnent droit à aucune déduction fiscale. Ici aussi, les cotisations sont limitées chaque année. En 2023, le montant maximal que vous pouvez verser dans un CELI est de 6 500 $. Toutefois, si vous n’avez pas cotisé le maximum les années précédentes, vous pourriez être en mesure de verser davantage. De plus, vous pouvez retirer de l’argent d’un CELI et le remettre une année suivante.

Lequel choisir?

Vous hésitez entre cotiser à un REER ou à un CELI? Il y a deux choses à considérer. D’abord, quel est le but de votre épargne ou de vos placements? Ensuite, quel sera votre taux d’imposition au moment où vous voudrez retirer vos gains?

En règle générale, si vous épargnez pour la retraite, choisissez le REER, mais s’il s’agit d’un objectif à plus court terme, comme l’achat d’une voiture, optez pour le CELI.

Pour aller plus loin, calculez votre taux d’imposition actuel et estimez ce qu’il sera au moment où vous voudrez retirer votre argent. Si vous prévoyez un taux d’imposition plus bas au moment du retrait (à la retraite), choisissez le REER. Si vous prévoyez un taux d’imposition plus élevé au moment du retrait, vous voudrez peut-être commencer dès maintenant par un CELI.

Les pensions et la sécurité sociale

Le régime de sécurité sociale du gouvernement du Canada comporte deux volets : le Régime de pensions du Canada (RPC) et la Sécurité de la vieillesse (SV).

Le RPC est un revenu mensuel imposable qui vous est versé une fois à la retraite. L’âge normal pour commencer à toucher cette pension est de 65 ans. Le montant que vous recevez chaque mois dépend de trois éléments :

  • Votre revenu moyen tout au long de votre vie active
  • Vos cotisations au RPC
  • L’âge auquel vous décidez de commencer à toucher votre pension de retraite du RPC

La SV ressemble au RPC, avec une différence importante. Alors que le RPC est versé aux personnes qui ont travaillé et cotisé au régime, la SV est versée aux aînés qui ont vécu au Canada pendant au moins 10 ans depuis l’âge de 18 ans, qu’ils aient travaillé ou non. Le calcul du montant comporte aussi d’autres différences.

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