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Retraite

Le régime enregistré d’épargne-retraite : REER

Publié 11 min de lecture
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Fait partie de Impôts et prestations gouvernementales

Tout ce qu’il faut savoir sur le régime enregistré d’épargne-retraite

Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) existe depuis longtemps. En 1957, le gouvernement canadien a créé la rente de retraite enregistrée pour aider les Canadiens à épargner en vue de la retraite. Toutes ces années plus tard, le but premier du REER reste le même : épargner pour vos années de retraite.

Dans cet article, nous examinons en profondeur le REER, le grand frère plus sage du compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Comme bien des milieux de travail n’offrent pas de régime de retraite, les employés doivent épargner eux-mêmes en vue de la retraite. Le REER est sans doute la meilleure façon de le faire.

Qu’est-ce qu’un REER?

Le régime enregistré d’épargne-retraite est un compte qui met vos placements à l’abri de l’impôt. Il réduit l’impôt sur le revenu que vous payez pendant que vous travaillez, pour que vous puissiez épargner davantage pour la retraite. Vous pouvez déduire de votre revenu tout montant cotisé à votre REER au cours de l’année civile. Les placements dans votre REER ne sont pas imposés tant que vous ne les retirez pas.

Une autre option est de cotiser au REER de votre époux ou de votre conjoint de fait. Vous pouvez même adhérer à un régime collectif à votre travail. Posez des questions pour déterminer le type de compte qui vous convient.

Les types de REER

Il existe trois types de REER.

Le REER individuel

Il s’agit de REER enregistrés uniquement au nom du titulaire du compte. Tous les avantages associés au REER reviennent donc au titulaire, qui décide seul de gérer ses placements lui-même ou de confier cette tâche à un conseiller.

Le REER de conjoint

Le REER de conjoint est un compte détenu par un époux ou un conjoint de fait, auquel l’autre conjoint peut cotiser. Cela ouvre une occasion de réduire l’impôt, parce que le conjoint qui gagne le plus peut consacrer plus d’argent à un REER. Cette façon de faire n’a pas d’effet sur les plafonds de cotisation du REER personnel du titulaire. Il existe toutefois des règles sur l’utilisation d’un REER de conjoint qu’il est important de connaître avant d’aller de l’avant.

Le REER collectif

Les REER collectifs sont offerts par les employeurs. Ils présentent deux grands avantages. D’abord, l’employeur assume généralement une partie des frais de gestion. Ensuite, la plupart des employeurs qui offrent un REER collectif offrent aussi un programme de cotisations équivalentes.

Comment ça fonctionne?

Le principe de base : l’argent que vous cotisez reste dans le régime jusqu’à ce que vous ayez 71 ans. Vous pouvez ensuite retirer l’argent accumulé pendant vos années de travail, d’un coup ou par versements périodiques.

Chaque année, vous pouvez déduire le montant cotisé à votre REER. Vous recevez ensuite un remboursement d’impôt de l’Agence du revenu du Canada (ARC) quand vous produisez votre déclaration de revenus. Votre remboursement dépend du montant cotisé à votre REER et de votre tranche d’imposition fédérale et provinciale.

Vous n’êtes pas obligé de déduire la totalité de votre cotisation au REER chaque année. Vous pouvez attendre pour la déduire plus tard. Ça peut être logique si vous voulez commencer à épargner pour la retraite tôt dans votre carrière, mais que votre revenu ne vous permet pas encore de profiter pleinement de la déduction.

Retirer de l’argent du compte

Si vous retirez de l’argent de votre compte à un moment ou à un autre (sauf dans le cadre du Régime d’accession à la propriété ou du Régime d’encouragement à l’éducation permanente), ce montant devient un revenu imposable.

Comme dans le CELI, vous pouvez détenir toute une gamme de placements dans votre REER, dont des actions, des obligations, des comptes d’épargne, des CPG, des fonds communs de placement, des fonds négociés en bourse (FNB) et des fonds indiciels.

Pour diverses raisons, il peut être tentant de garder l’argent de votre REER dans un endroit qui vous semble sûr, comme un compte d’épargne ordinaire détenu dans votre REER. Ce faisant, vous prenez un autre type de risque : votre argent pourrait ne pas croître assez vite pour suivre l’inflation. C’est pourquoi il vaut mieux investir selon votre tolérance au risque et votre horizon de placement.

Quels sont les avantages d’un régime enregistré d’épargne-retraite?

Si vous demandez à n’importe qui quel est le plus grand avantage d’un REER, on vous répondra très probablement la déduction fiscale. En cotisant à votre REER, vous avez droit à une déduction au moment de produire votre déclaration de revenus. Votre revenu imposable est donc moins élevé, ce qui pourrait même vous faire passer à une tranche d’imposition inférieure.

Autre avantage important du REER : votre argent fructifie à l’abri de l’impôt. Tant que votre argent reste investi dans votre REER, vous n’avez aucun impôt sur le revenu à payer sur vos placements. Ça comprend les revenus, les dividendes et les gains en capital. Les économies d’impôt, combinées à la puissance de l’intérêt composé, peuvent faire croître votre argent de façon importante d’ici à ce que vous soyez prêt à retirer les fonds.

Même si vous n’avez pas d’impôt à payer sur vos placements, vous devrez en payer quand vous retirerez l’argent de votre compte. Toutefois, comme la plupart des gens, vous serez probablement dans une tranche d’imposition inférieure à la retraite et paierez moins d’impôt au moment d’accéder à votre argent.

Quels sont les inconvénients d’un REER?

Si vous avez un revenu élevé, le REER limite la somme que vous pouvez mettre à l’abri de l’impôt pour la retraite. C’est parce que le REER comporte un montant maximal de cotisation pour chaque année (on y revient plus loin). Si vous êtes dans une tranche d’imposition élevée, vous devrez trouver d’autres façons d’investir, sans quoi votre niveau de vie pourrait baisser sensiblement pendant vos années de retraite.

Si vous pensez détenir des placements risqués dans votre REER, vous pourriez y réfléchir à deux fois. C’est que vous ne pouvez pas déduire de pertes en capital sur les placements vendus dans votre REER. Vous n’avez pas non plus droit au traitement fiscal avantageux des gains en capital et des dividendes quand vous vendez des actions, des fonds communs de placement, des fonds indiciels et des FNB dans votre REER.

Contrairement au CELI, le gouvernement impose les retraits d’un REER. Non seulement vous perdrez ces droits de cotisation pour toujours, mais vous pourriez aussi subir des retenues d’impôt à la source et devoir payer encore plus d’impôt au moment de produire votre déclaration, selon votre tranche d’imposition.

Un CELI peut rester ouvert toute votre vie; un REER, non. Comme mentionné, vous devez convertir votre REER en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou acheter une rente au plus tard le 31 décembre de l’année de vos 71 ans. Vous pouvez aussi encaisser la totalité de votre REER, mais l’impôt à payer annule alors les avantages fiscaux du REER.

La conversion en FERR

Si vous choisissez de convertir votre REER en FERR, vous devez retirer un montant minimal selon votre âge. Ce montant minimal augmente avec l’âge. Comme ces montants de retrait minimaux ont été établis à une époque où les taux d’intérêt étaient plus élevés, vous pourriez être forcé de retirer plus que vous ne le voudriez et d’entamer votre capital, ce qui vous expose au risque de manquer d’argent de votre vivant.

Vous pouvez éviter cette situation en complétant le revenu tiré de votre REER avec vos placements dans votre CELI et dans des comptes non enregistrés.

Tout l’argent que vous retirez de votre REER et de votre FERR compte comme un revenu imposable. Vous pourriez donc devenir inadmissible à des prestations gouvernementales fondées sur le revenu, comme le Supplément de revenu garanti (SRG). Votre pension de la Sécurité de la vieillesse (SV) pourrait aussi être récupérée en partie ou en totalité.

Si vous prévoyez gagner plus à la retraite, ou au contraire beaucoup moins, il vaudrait peut-être mieux ne pas cotiser à un REER, puisque ça pourrait vous coûter cher en prestations gouvernementales. Mieux vaut consulter un comptable qui pourra faire les calculs et voir s’il est logique pour vous de cotiser à votre REER.

Comment ouvrir un REER?

Si vous avez entre 18 et 71 ans et que vous produisez une déclaration de revenus, vous pouvez ouvrir un REER.

Comme pour tout placement, prenez le temps de comparer. Faites vos recherches avant de décider. Des frais de placement élevés peuvent gruger vos rendements à long terme, alors vérifiez bien tous les frais en jeu.

Une fois que vous avez choisi l’institution financière avec laquelle vous voulez investir, remplissez tous les documents pour ouvrir votre compte. Remplissez le formulaire « Connaître son client », qui indique vos connaissances en placement et votre tolérance au risque. Désignez les bénéficiaires de votre REER, au cas où il vous arriverait quelque chose.

Fournissez deux pièces d’identité avec photo. Vous pouvez ouvrir un REER dans la plupart des institutions financières au Canada, dont les banques, les coopératives de crédit et les compagnies d’assurance. Une fois votre compte ouvert, vous pouvez y cotiser ou y transférer de l’argent d’un compte existant.

Combien pouvez-vous cotiser?

Le montant que vous pouvez cotiser, aussi appelé vos droits de cotisation au REER ou votre plafond de déduction, dépend de votre revenu d’emploi. Vous pouvez cotiser jusqu’à 18 % de votre revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à concurrence d’un montant maximal fixé par le gouvernement. Par exemple, le montant maximal que vous pouvez cotiser à votre REER en 2026 est de 33 810 $.

Le montant maximal augmente habituellement chaque année avec l’inflation. Vous trouverez généralement vos droits de cotisation au REER pour l’année sur l’avis de cotisation que vous recevez du gouvernement après avoir produit votre déclaration de revenus. Si vous participez à un régime de retraite d’entreprise, le montant que vous pouvez cotiser à votre REER diminue. C’est pour équilibrer les chances, puisque la plupart des gens n’ont pas accès à un régime de retraite offert par un employeur.

En réalité, la plupart des Canadiens ne cotisent pas le maximum à leur REER. Vous ne perdez pas ces droits de cotisation : ils sont reportés, et vous pourrez les utiliser plus tard.

Votre revenu imposable diminue quand vous cotisez à votre REER. Par exemple, si vous cotisez 3 000 $ à votre REER et que votre revenu imposable est de 75 000 $, votre revenu imposable passe à 72 000 $ après votre cotisation.

Qu’arrive-t-il si vous voulez cotiser plus que le plafond?

La bonne nouvelle, c’est que le REER est beaucoup plus clément que le CELI. Avec le REER, vous pouvez cotiser 2 000 $ au-delà de votre plafond sans pénalité. Vous ne pouvez toutefois pas déduire l’excédent cotisé.

Si vous dépassez cette marge de 2 000 $, vous paierez un impôt de pénalité de 1 % par mois sur l’excédent cotisé.

Pouvez-vous retirer de l’argent de votre REER avant la retraite?

Oui. Tant qu’il s’agit d’un REER non immobilisé (qui ne provient pas d’un régime de retraite d’entreprise), vous pouvez retirer vos fonds en tout temps. N’oubliez pas, toutefois, que vous perdrez ces droits de cotisation pour toujours, que vous subirez des retenues d’impôt à la source et que vous pourriez devoir payer plus d’impôt au moment de produire votre déclaration de revenus.

Il existe malgré tout deux cas où vous pouvez retirer des fonds de votre compte sans payer d’impôt.

Vous pouvez retirer jusqu’à 60 000 $ de votre REER pour l’achat de votre première maison (120 000 $ si vous achetez avec votre conjoint). C’est ce qu’on appelle le Régime d’accession à la propriété. Selon ses règles strictes, vous devez rembourser l’argent retiré sur 15 ans, à compter de la deuxième année suivant le retrait.

Le deuxième cas où vous pouvez retirer des fonds de votre REER sans pénalité est le retour aux études. Avec le Régime d’encouragement à l’éducation permanente, vous pouvez retirer 10 000 $ par année, jusqu’à un total de 20 000 $, mais vous devez rembourser l’argent sur 10 ans.

Quelle est la différence entre un REER et un CELI?

Même si le REER est moins souple que le CELI, il offre ses propres avantages.

D’abord et avant tout, les cotisations au REER sont déductibles d’impôt, alors que les cotisations au CELI ne le sont pas. Vos avantages fiscaux (vos économies) sont donc immédiats quand vous cotisez à un REER.

Le REER et le CELI se ressemblent en ce sens que votre argent fructifie à l’abri de l’impôt dans les deux comptes. Le CELI reprend toutefois l’avantage plus tard. Les retraits d’un REER sont imposables, contrairement à ceux d’un CELI, qui ne comptent pas comme un revenu imposable.

Le CELI est aussi beaucoup plus souple quant au moment et à la fréquence où vous pouvez accéder à votre argent. Vous pouvez recotiser tout montant retiré de votre CELI dès le 1er janvier de l’année suivante. Avec le REER, au contraire, vous perdez pour toujours les droits de cotisation liés à tout retrait.

Si votre REER est immobilisé, d’autres restrictions s’appliquent quant au moment où vous pouvez accéder aux fonds. Dans la plupart des cas, vous ne pourrez pas y accéder avant l’âge de 55 ans au moins. À ce moment, des restrictions s’appliquent aux types de placements que vous pouvez acheter (par exemple, une rente ou un fonds de revenu viager).

Les limites

Votre revenu gagné de l’année précédente détermine votre plafond de cotisation au REER. Pour cotiser à votre REER, vous devez avoir un revenu gagné. Autrement dit, si vous êtes à la retraite et que vous tirez uniquement des revenus de placements, vous n’accumulerez plus de droits de cotisation au REER.

C’est différent du CELI, où tout le monde accumule les mêmes droits de cotisation chaque année, peu importe son revenu. De plus, vous n’avez pas besoin d’un revenu gagné pour cotiser à votre CELI. Vous pouvez continuer d’y cotiser même à la retraite.

Autre différence importante : l’âge maximal. Vous pouvez garder votre REER ouvert et y cotiser seulement jusqu’à 71 ans. Le CELI, lui, peut rester ouvert toute votre vie.

Vous ne savez pas si vous devriez cotiser à un CELI ou à un REER? Une bonne règle générale : si vous gagnez moins de 50 000 $, il vaut habituellement mieux cotiser au CELI. Si vous gagnez plus de 50 000 $, le REER est souvent le choix le plus logique.

La situation fiscale de chacun est différente, alors mieux vaut consulter un comptable.

Comme vous pouvez le voir, le REER profite à la grande majorité des Canadiens, mais il ne convient pas à tout le monde. En comprenant son fonctionnement et en travaillant avec un bon comptable, vous pourrez tirer le maximum de vos cotisations.