Un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), c’est plus qu’un simple compte d’épargne. Vous pouvez retirer de l’argent, investir ou toucher des intérêts, et cet argent ne sera quand même pas imposé. C’est une façon approuvée par le gouvernement de faire fructifier votre argent à l’abri de l’impôt tout en continuant de recevoir des prestations fondées sur le revenu.
Les CELI sont une façon simple de faire grossir votre épargne, sans conditions compliquées. Il suffit d’être Canadien, d’avoir 18 ans et d’avoir un numéro d’assurance sociale (NAS) valide. Vous n’avez même pas à réserver cette épargne à un but précis, comme les études, une auto ou une maison : vous êtes libre de la dépenser comme vous le voulez.
Ils ressemblent beaucoup à leur cousin, le régime enregistré d’épargne-retraite (REER), mais le CELI offre beaucoup plus de liberté : une foule de placements possibles, aucune exigence de revenu gagné et la possibilité de retirer autant d’argent que vous le voulez, quand vous le voulez.
Si vous voulez ouvrir un CELI, ou même plusieurs (c’est permis), voici tout ce qu’il faut savoir pour garder le plus possible de l’argent que vous gagnez.
Qu’est-ce qu’un compte d’épargne libre d’impôt?
Un CELI est un compte d’épargne qui vous permet de faire fructifier votre argent sans débourser un sou d’impôt. Selon l’usage que vous en faites, votre CELI peut être un simple compte d’épargne ou une façon légitime de réduire l’impôt sur vos placements.
Voyez le CELI comme un panier de placements, semblable au REER : vous pouvez y détenir différents types de placements, comme de l’argent comptant, des actions, des obligations, des fonds communs de placement et des certificats de placement garanti.
Il existe trois types de CELI, selon l’institution qui vous l’offre :
- Les dépôts
- Les contrats de rente
- Les arrangements en fiducie
Le gouvernement fédéral a créé le CELI en 2009 pour encourager les Canadiens à épargner davantage. Il est assez souple pour aider les Canadiens à atteindre leurs objectifs d’épargne à court et à long terme, comme épargner pour des vacances, une maison, un fonds d’urgence ou la retraite.
Avec un CELI, vous n’avez pas à payer d’impôt sur le revenu sur l’argent que vous gagnez dans le compte, y compris sur vos placements. Votre argent fructifie à l’abri de l’impôt. Toutefois, le taux d’intérêt des CELI est plus bas que celui des comptes d’épargne ordinaires.
Votre CELI pourrait compléter votre REER et votre régime enregistré d’épargne-études (REEE). Le CELI ressemble au REEE parce que vous y investissez de l’argent déjà imposé. Contrairement au REER, vous n’obtenez pas de remboursement d’impôt quand vous cotisez. En revanche, vous n’avez pas à payer d’impôt sur le revenu quand vous retirez l’argent de votre CELI.
Comment fonctionne un CELI?
Vous ne voulez pas ajouter et retirer de l’argent de votre CELI sans arrêt, parce qu’il ne fonctionne pas comme un compte d’épargne ordinaire. Le gouvernement fixe un montant maximal que vous pouvez cotiser chaque année. Cette année, en 2026, il est de 7 000 $. Déplacer constamment l’argent de votre CELI pourrait vous faire dépasser le plafond de l’année et vous exposer à un lourd impôt de pénalité de 1 % par mois sur l’excédent cotisé.
Si vous cotisez moins que le maximum d’une année donnée, les droits inutilisés peuvent être reportés aux années suivantes.
Tout l’argent gagné dans votre CELI ou retiré de celui-ci est libre d’impôt. Contrairement à un compte d’épargne ordinaire, vous ne recevrez pas de feuillet T5 pour l’argent que vous gagnez ou retirez de votre CELI. Vous n’avez pas non plus à le déclarer dans votre déclaration de revenus. C’est avantageux pour les personnes qui reçoivent un soutien fondé sur le revenu, comme le Supplément de revenu garanti (SRG) et la Sécurité de la vieillesse (SV).
Si vous résidez au Canada et avez au moins 18 ans, vous pouvez ouvrir un CELI et y cotiser jusqu’au plafond de l’année. En Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, vous devez avoir au moins 19 ans.
Les Canadiens qui deviennent non-résidents peuvent retirer de l’argent de leur compte, mais ne peuvent pas y cotiser.
Quels sont les avantages d’un CELI?
Il y en a plusieurs. Le plus important, c’est que votre argent reste libre d’impôt, même quand vous le retirez ou l’investissez. Votre argent peut ainsi croître beaucoup plus vite que s’il dormait dans un compte d’épargne ordinaire.
Si vous investissez vos cotisations au CELI dans des actions, par exemple, vos profits éventuels seront eux aussi libres d’impôt. Ça peut vous aider à atteindre beaucoup plus tôt des objectifs financiers comme épargner pour des vacances en famille ou une mise de fonds, puisque vous ne paierez pas d’impôt sur vos profits au moment de retirer votre argent.
Si vous faisiez ces placements dans un compte d’épargne ordinaire, vous devriez payer de l’impôt sur les gains en capital ou sur vos profits de placement. Les dividendes reçus dans votre CELI ne sont pas non plus imposables.
Autre avantage : une fois que vous avez gardé tous vos profits de placement, vous pouvez dépenser cet argent comme vous le voulez. Le REER sert strictement à la retraite, et le REEE aux études. Avec un CELI, vous pouvez dépenser cet argent pour n’importe quoi : des vacances, une maison, des placements, etc.
Vous pouvez aussi retirer de l’argent de votre CELI en tout temps sans payer de pénalité.
Contrairement au REER, vous n’avez pas besoin d’un revenu fixe pour obtenir plus de droits de cotisation à votre CELI. Le plafond annuel de cotisation s’applique à tous les titulaires, peu importe leurs autres revenus.
Vous pouvez voir vos droits de cotisation au CELI sur votre plus récent avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada, une fois votre déclaration de revenus produite.
Quels sont les inconvénients d’un CELI?
Même si le CELI offre des avantages importants, il a un défaut : vous n’avez pas droit à un remboursement d’impôt sur les profits de votre CELI. La bonne nouvelle, c’est que vous n’aurez pas à payer d’impôt sur le revenu quand vous retirerez cet argent.
Le CELI est avantageux tant que vous ne dépassez pas vos droits de cotisation. La pénalité est un impôt mensuel de 1 % imposé par l’Agence du revenu du Canada (ARC) sur tout montant cotisé au-delà de votre plafond. Vous pouvez payer la pénalité ou tenter de la contester auprès de l’ARC. Vos droits de cotisation sont rétablis au début de chaque année en fonction des montants que vous avez retirés.
Par exemple, disons que vos droits de cotisation maximaux sont de 5 000 $. Si vous cotisez 6 000 $, l’impôt de pénalité de 1 % s’appliquera seulement à 1 000 $.
Autre inconvénient : si vous investissez dans votre CELI, vous ne pouvez pas déduire de pertes en capital si vos placements perdent de la valeur. Vous pouvez seulement déduire des pertes en capital, soit quand un actif est vendu pour moins que ce que vous l’avez payé, dans des comptes non enregistrés.
Combien pouvez-vous cotiser à un CELI?
En plus d’un plafond de cotisation annuel, votre CELI a aussi un plafond de cotisation global. Le gouvernement fédéral annonce le plafond avant le début de chaque année, et il varie en fonction de l’inflation.
Vous commencez à accumuler des droits de cotisation à 18 ans (ou 19 ans, selon votre province), même si vous n’avez pas ouvert de CELI. Les droits de cotisation inutilisés au cours de l’année sont reportés aux années suivantes. Ainsi, en 2026, une personne qui était majeure en 2009 peut avoir jusqu’à 109 000 $ de droits de cotisation. Vous pouvez aussi recotiser l’année suivante tout montant retiré de votre CELI.
Attention aux retraits et aux cotisations dans la même année. Disons que le plafond d’une année donnée est de 5 000 $ et que vous cotisez le montant total, puis le retirez plus tard dans l’année. Même si le compte est à 0 $, vous devrez attendre l’année suivante pour recotiser les 5 000 $, ou le montant du plafond.
Malgré les plafonds de cotisation, la valeur de vos placements dans votre CELI n’a pas de limite. Par exemple, disons que vous cotisez le maximum de 63 500 $ une année, et que vos placements valent 80 000 $ à la fin de l’année.
Vous pourriez retirer la totalité des 80 000 $ de votre CELI en 2026 et recotiser 80 000 $ plus le plafond annuel l’année suivante (dans ce scénario, 6 000 $), pour un total de 86 000 $ en cotisations. C’est cette règle qui a permis à certains Canadiens d’accumuler des droits de cotisation de 100 000 $ ou plus.
Quelle est la différence entre un CELI et un REER?
Le CELI est beaucoup plus souple que le REER. Le REER sert à épargner pour la retraite. Si vous en retirez de l’argent trop tôt, vous paierez une lourde pénalité. Non seulement vous perdrez ces droits de cotisation pour toujours, mais vous subirez aussi des retenues d’impôt à la source.
De plus, vous pourriez devoir payer de l’impôt supplémentaire au moment de produire votre déclaration de revenus si votre taux marginal d’imposition est plus élevé que le taux de la retenue à la source.
Ce n’est pas le cas avec un CELI. Vous n’avez aucun impôt à payer quand vous retirez de l’argent, et vous pouvez le faire en tout temps. Les droits de cotisation d’un CELI sont aussi rétablis chaque année et ne disparaissent pas au moment d’un retrait, contrairement au REER.
Quand vous cotisez à votre REER, vous obtenez un remboursement d’impôt de l’ARC, parce que les cotisations au REER sont déductibles. Si vous cotisez 5 000 $ à votre REER et que votre revenu imposable est de 70 000 $, vous n’aurez à payer de l’impôt sur le revenu que sur 65 000 $ après votre cotisation au REER. Avec un CELI, vous n’obtenez pas de remboursement d’impôt supplémentaire quand vous cotisez. C’est parce que vous cotisez à votre CELI avec de l’argent déjà imposé.
Dans l’exemple précédent, votre revenu imposable resterait de 70 000 $. Toutefois, dans le REER comme dans le CELI, votre argent fructifie à l’abri de l’impôt.
Les retraits d’un REER
Les retraits d’un REER ont aussi un effet sur votre admissibilité aux prestations gouvernementales fondées sur le revenu, comme le SRG et la SV, alors que les retraits d’un CELI n’en ont pas. Si vous risquez de voir vos prestations gouvernementales récupérées, il vaudrait peut-être mieux investir dans le CELI ou utiliser le CELI pour compléter vos placements dans le REER. Chaque situation fiscale est unique, alors mieux vaut consulter un fiscaliste.
Vous pouvez garder votre REER ouvert seulement jusqu’à la fin de l’année civile de vos 71 ans. Après, vous devez le convertir en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), acheter une rente ou retirer les fonds. Un CELI, par contre, peut rester ouvert toute votre vie.
Devriez-vous cotiser au REER ou au CELI? Ça dépend. Si votre revenu imposable est inférieur à 50 000 $, il vaut généralement mieux cotiser au CELI. Par contre, si votre revenu imposable est de 50 000 $ ou plus, il vaut habituellement mieux cotiser au REER.
Parlez à un fiscaliste de confiance avant de choisir entre les deux.
Conclusion
Le CELI est bien plus qu’un simple compte d’épargne. Comprendre ses règles peut vous aider à en profiter pleinement et à garder une plus grande part de vos profits.
Si vous êtes admissible, vous pouvez ouvrir un CELI dans n’importe quelle institution financière canadienne qui en offre. La plupart des institutions financières offrent des CELI, comme les banques, les coopératives de crédit et les compagnies d’assurance.