Obtenir son diplôme et commencer une carrière est un objectif de rêve pour bien des Canadiens. Pourtant, selon Statistique Canada, les droits de scolarité moyens pour un programme de premier cycle au Canada s’élevaient à 7 360 $ en 2024-2025. Pour payer les études, les parents encouragent souvent leurs adolescents à gagner de l’argent ou à contracter un prêt d’études. Pour alléger le fardeau financier, le gouvernement fédéral offre le régime enregistré d’épargne-études (REEE), qui aide à épargner pour les études postsecondaires d’un enfant. Ce régime enregistré permet à votre épargne de croître à l’abri de l’impôt et de recevoir des subventions. C’est aussi un excellent outil pour enseigner aux enfants des compétences en littératie financière qui peuvent les préparer à réussir.
Qu’est-ce qu’un REEE?
Le REEE est un compte à l’abri de l’impôt qui sert à payer les coûts des études postsecondaires d’un enfant. L’enfant (le bénéficiaire) peut utiliser l’argent du REEE pour payer les frais liés à des études au collège, à l’université, dans une école de métiers, dans un programme d’apprentissage ou au cégep. Il peut s’agir d’un programme à temps partiel ou à temps plein.
Comment fonctionne le REEE?
Un parent, un grand-parent, un tuteur, un membre de la famille ou un ami (le souscripteur) peut ouvrir un REEE auprès d’une institution financière pour un enfant après sa naissance. Il n’y a pas de plafond de cotisation annuel, mais le plafond de cotisation à vie est de 50 000 $ par bénéficiaire. Vous pouvez cotiser jusqu’à 31 ans après l’ouverture du compte.
Les cotisations au REEE ne sont pas déductibles d’impôt. Par contre, les revenus de placement et les subventions croissent à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait de l’argent.
Le gouvernement ouvrira des REEE pour les enfants
En 2028, le gouvernement fédéral ouvrira automatiquement un REEE pour les enfants nés en 2024 ou après qui sont admissibles au Bon d’études canadien et qui n’ont pas déjà de compte à l’âge de 4 ans. Cette mesure encourage les familles à commencer tôt à investir dans les études de leur enfant et à profiter de la croissance à l’abri de l’impôt de leurs placements.
Les subventions gouvernementales
Le gouvernement fédéral offre les programmes suivants pour vous aider à faire fructifier l’épargne de votre REEE.
La Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE)
Avec la SCEE, le gouvernement verse 20 % de vos cotisations annuelles au REEE. Le maximum est de 500 $ par année. Vous devez donc cotiser 2 500 $ chaque année (2 500 $ x 20 % = 500 $) pour recevoir le montant maximal.
La subvention maximale à vie est de 7 200 $ par bénéficiaire. Les versements s’étaleront donc sur environ 14 ans (7 200 $ / 500 $ par année = 14,4 ans). De plus, les familles à revenu faible ou moyen peuvent recevoir 100 $ de plus par année.
Ne vous inquiétez pas si vous avez commencé tard. Les montants de SCEE inutilisés peuvent être rattrapés au cours des années suivantes. De plus, la SCEE est offerte jusqu’à la fin de l’année où l’enfant atteint 17 ans.
Le Bon d’études canadien (BEC)
Le gouvernement offre une aide financière pouvant aller jusqu’à 2 000 $ aux familles à faible revenu. Vous pouvez consulter les critères d’admissibilité liés au revenu sur le site Web du gouvernement du Canada. La première année, le bénéficiaire reçoit 500 $, puis 100 $ chaque année jusqu’à ce que l’enfant atteigne 15 ans. Les versements sont déposés dans le REEE. Vous n’avez pas à cotiser au REEE pour recevoir le BEC.
Les types de REEE
Le régime individuel : ce régime non familial vise un seul bénéficiaire et est idéal si vous avez un enfant. Vous n’avez pas à avoir de lien de sang ou d’adoption avec lui. Vous décidez du montant que vous voulez cotiser. Les adultes peuvent aussi ouvrir leur propre REEE, mais ils ne recevront pas la SCEE.
Le régime familial : si vous avez plusieurs enfants, vous pouvez désigner plus d’un enfant comme bénéficiaire. Ils doivent avoir un lien de sang ou d’adoption avec vous. Le REEE familial vous aide à maximiser vos droits de cotisation.
Le régime collectif : ce régime vise un seul enfant, qui n’a pas besoin d’avoir de lien de parenté avec vous. Les membres du régime mettent leurs cotisations en commun. Les règles sont strictes, et vous devrez cotiser régulièrement selon un calendrier fixe. Assurez-vous de bien comprendre les règles et la politique d’annulation.
Les options de placement pour l’épargne du REEE
Quand vous ouvrez un REEE, vous pouvez choisir parmi différents types de placements, dont les certificats de placement garanti (CPG), les fonds indiciels, les fonds négociés en bourse, les fonds communs de placement, les actions et les comptes d’épargne.
Ces placements comportent différents niveaux de risque. Les familles peuvent choisir de combiner plusieurs placements pour équilibrer leur risque.
Les avantages et les inconvénients du REEE
Avant d’ouvrir un REEE, vous devriez en comprendre les avantages et les pièges.
Les avantages
Voici les avantages d’un REEE :
- Des subventions gouvernementales gratuites : la SCEE et le BEC aident à faire croître votre épargne-études
- Une croissance à l’abri de l’impôt : vos placements peuvent croître à l’abri de l’impôt. L’étudiant n’est imposé que lorsqu’il retire l’argent.
- Le choix des placements : vous pouvez choisir l’épargne et les placements qui fructifieront dans ce compte.
Les inconvénients
Voici les inconvénients à considérer :
- Les cotisations ne sont pas déductibles d’impôt : contrairement au régime enregistré d’épargne-retraite (REER), les cotisations au REEE ne réduisent pas votre revenu imposable.
- Le risque de placement : si vous investissez dans des actions et des obligations, la valeur de votre compte de placement pourrait diminuer.
- Les pénalités : si vous utilisez l’argent à des fins autres que les études, vous pourriez devoir payer de l’impôt. De plus, vous pourriez devoir rembourser les subventions au gouvernement.
Les règles de retrait du REEE
Quand votre enfant commence ses études postsecondaires, vous pouvez commencer à faire des retraits du REEE. Il y a deux façons de le faire :
Les paiements d’aide aux études (PAE) : ils comprennent les subventions et les intérêts accumulés. Ils sont imposés comme un revenu de l’étudiant, qui a habituellement peu ou pas de revenus et paie peu d’impôt.
La limite de retrait des PAE est de 4 000 $ pour une inscription à temps partiel et de 8 000 $ pour une inscription à temps plein pendant les 13 premières semaines. Par la suite, vous pouvez retirer n’importe quel montant.
Les paiements d’études postsecondaires (PEP) : ils comprennent les cotisations au REEE. L’argent est remis au souscripteur, qui peut le donner au bénéficiaire.
Si vous n’utilisez pas l’argent du REEE
Plusieurs options s’offrent à vous :
- Garder le compte ouvert et le réserver pour de futures études.
- Si vous avez un autre enfant, vous pouvez changer le nom du bénéficiaire.
- Transférer les revenus de placement dans votre REER (jusqu’à 50 000 $, si vous avez les droits de cotisation nécessaires).
- Fermer votre REEE. Vous devez rembourser les subventions restantes au gouvernement, et vous récupérerez vos cotisations. Habituellement, les intérêts accumulés que vous recevez sont imposables.
Faire des études de vos enfants une priorité
Malgré la hausse des droits de scolarité, les études en valent la peine pour bien des gens. Selon l’Ontario Confederation of University Faculty Associations (OCUFA), les diplômés universitaires gagnent souvent plus que les titulaires d’un diplôme d’études secondaires. C’est pourquoi obtenir un diplôme d’un établissement postsecondaire est une grande priorité pour les familles.
Avec un REEE, vous pouvez épargner pour les études postsecondaires de votre enfant. Il pourra ainsi se concentrer sur ses études sans se soucier de la gestion de ses prêts d’études.
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