Bien des Canadiens se sentent pris au piège par des soldes de carte de crédit qui grossissent, des prêts à intérêt élevé ou des factures en souffrance. Gérer plusieurs paiements peut vite devenir écrasant, surtout avec le coût de la vie actuel. Un PGD (programme de gestion des dettes) peut être une bouée de sauvetage pour ceux qui veulent rembourser ce qu’ils doivent, mais qui ont besoin d’encadrement et de soutien. Pourtant, les mythes et les demi-vérités sur les PGD sèment souvent la confusion. Voyons ce qui est vrai, ce qui ne l’est pas et comment les PGD fonctionnent réellement dans le système financier canadien.
Qu’est-ce qu’un PGD?
Un programme de gestion des dettes est une entente de remboursement volontaire conclue par l’entremise d’un organisme de conseil en crédit sans but lucratif. Au lieu de jongler avec plusieurs paiements à différents prêteurs, vous faites un seul paiement mensuel consolidé à l’organisme. L’organisme verse ensuite ces fonds aux créanciers participants. Il négocie aussi une réduction des taux d’intérêt (parfois jusqu’à 0 %), ce qui facilite le remboursement du capital.
Un PGD est une entente privée et contractuelle régie par la loi provinciale. Comme il est volontaire, les créanciers choisissent d’y participer ou non. Avec un PGD, vous n’obtenez pas de protections juridiques comme la suspension des saisies de salaire (qui accompagne la faillite ou la proposition de consommateur). En revanche, vous gardez le contrôle de vos finances et restez responsable du remboursement complet de vos dettes. Cette approche vous permet souvent de rebâtir votre crédit et votre discipline financière avec le temps, tout en évitant les conséquences plus graves de l’insolvabilité.
Les mythes et les réalités d’un PGD au Canada
Mythe 1 : un PGD, c’est comme une faillite
Réalité : Certaines personnes croient qu’un PGD est essentiellement une faillite sous un autre nom. En réalité, les deux fonctionnent de façon très différente. La faillite est une procédure juridique de réglementation fédérale, encadrée par la LFI. Elle mène habituellement à la libération de la plupart des dettes non garanties et à une protection juridique contre le recouvrement. Elle laisse aussi une marque importante à votre dossier de crédit pendant six à sept ans après la libération.
Un PGD, au contraire, est un plan de remboursement volontaire dans lequel vous vous engagez à rembourser vos dettes en entier selon de nouvelles modalités. Il n’y a aucune procédure judiciaire, aucun dossier public et aucune perte d’actifs. Ce n’est pas une procédure d’insolvabilité, et il n’élimine pas les dettes. Pour bien des Canadiens qui veulent un soulagement sans subir les conséquences à long terme d’une faillite, un PGD peut offrir une voie encadrée et moins lourde vers le rétablissement financier.
Mythe 2 : tout le monde est admissible à un PGD, et toutes les dettes peuvent y être incluses
Réalité : Ce n’est pas tout le monde qui est admissible à un programme de gestion des dettes, et ce ne sont pas tous les types de dettes qui peuvent y être inclus. Pour être admissible, vous aurez besoin d’un revenu stable et fiable, ainsi que d’un budget qui vous permet de faire des paiements mensuels réguliers. Un conseiller en crédit examine votre situation en détail pour s’assurer que le plan est viable.
Seules les dettes non garanties, comme les cartes de crédit, les marges de crédit et les prêts personnels, peuvent être incluses. Les dettes envers le gouvernement, comme les sommes dues à l’Agence du revenu du Canada (ARC) ou les prêts d’études canadiens, ne peuvent généralement pas faire partie d’un PGD. Une exception : si ces dettes ont déjà été confiées à une agence de recouvrement privée. Si vos dettes envers le gouvernement sont votre principale difficulté, une proposition de consommateur ou une faillite pourrait offrir une meilleure solution juridique. Un PGD fonctionne mieux quand la plupart de vos dettes problématiques proviennent de sources de crédit privées et non garanties.
Mythe 3 : un PGD va ruiner mon crédit
Réalité : Un PGD a un effet sur votre crédit, mais il ne le détruit pas. Quand vous adhérez à un PGD, les comptes inclus sont habituellement fermés. On y ajoute souvent une mention comme « entente de remboursement » ou « plan de paiement convenu ». Cette mention indique aux prêteurs que vous remboursez selon des modalités modifiées. C’est une marque négative, mais beaucoup moins dommageable qu’une faillite ou même qu’une proposition de consommateur.
Equifax Canada retire généralement cette mention deux ans après la fin du PGD. TransUnion, de son côté, peut la retirer deux ans après le dernier paiement ou six ans après le défaut, selon la première éventualité. Même si votre cote peut baisser pendant le programme, le mener à terme prouve que vous remboursez de façon responsable. Ça aide à rebâtir votre crédit à long terme.
En réalité, quand une personne a besoin d’un PGD, son crédit a souvent déjà souffert de paiements manqués. Le programme pourrait en fait stabiliser la situation et éviter d’autres dommages, tout en jetant les bases du rétablissement.
Mythe 4 : tous les organismes offrant des PGD se valent
Réalité : Il est important de vérifier la qualité du soutien et la transparence de tout organisme que vous envisagez. Cherchez des organismes de conseil en crédit sans but lucratif, établis et accrédités. Vérifiez leur réputation auprès du Better Business Bureau ou sur Trustpilot. Toute personne qui promet des résultats irréalistes ou des solutions miracles, comme « réparez votre crédit rapidement » ou « nous éliminerons tous vos intérêts », est un signal d’alarme évident. Faites vos recherches et soyez prudent.
Un organisme établi et réputé offrira :
- une première consultation gratuite
- une divulgation claire des frais dès le départ
- une explication de toutes vos options, pas seulement du PGD
- du soutien pour faire votre budget
- de l’information et des conseils pour que vous compreniez les conséquences à long terme avant de vous engager
Mythe 5 : si je peux continuer à faire mes paiements minimums, tout ira bien
Réalité : Si vous pouvez seulement faire les paiements minimums, vous payez surtout des intérêts. Vous entamez donc à peine votre capital. Avec des taux d’intérêt d’environ 19 à 25 %, la majeure partie de votre paiement sert à payer les intérêts, ce qui vous garde prisonnier d’un cycle qui peut durer des décennies. Par exemple, faire seulement le paiement minimum sur un solde de 10 000 $ pourrait prendre plus de 20 ans et coûter plus du double de ce montant.
Un PGD change la donne en réduisant fortement les intérêts. Vous pouvez plutôt établir un paiement mensuel fixe dont une bonne partie sert directement à rembourser le capital. Sur trois à cinq ans, un PGD peut vous aider à vous libérer de vos dettes beaucoup plus vite que les paiements minimums ne le permettraient jamais. En plus de vous faire économiser, il vous offre un plan encadré et prévisible qui réduit le stress et encourage de saines habitudes financières. C’est un pas important vers une stabilité financière à long terme.
Mythe 6 : mes créanciers vont refuser mon PGD
Réalité : Les grandes banques et les émetteurs de cartes de crédit canadiens travaillent souvent avec des organismes de conseil en crédit réputés. C’est qu’un remboursement régulier, même avec des intérêts réduits, est souvent plus avantageux pour eux. Leurs autres options sont le recouvrement ou les poursuites. Elles prennent du temps, et leurs taux de récupération sont beaucoup plus faibles.
Notez que le PGD est une entente volontaire, et que les créanciers sont libres de refuser. Certains petits prêteurs, prêteurs sur salaire et sociétés de financement alternatives pourraient choisir de ne pas y participer. Pour les banques et les prêteurs nationaux, toutefois, la collaboration avec des organismes réputés est assez courante. N’oubliez pas qu’un PGD bien structuré profite aux deux parties : vous reprenez le contrôle de vos finances, et les créanciers récupèrent une plus grande partie de ce qu’on leur doit.
Points à retenir
Les programmes de gestion des dettes peuvent aider les Canadiens qui veulent rembourser leurs dettes en entier, avec le soutien de professionnels et un allègement important des intérêts. Un PGD n’efface pas les dettes et n’offre pas de protection juridique. Il peut toutefois apporter de l’encadrement, réduire considérablement les coûts et simplifier les paiements. Sur le plan de la littératie financière, il favorise un rétablissement financier fondé sur l’apprentissage.
Il est important de choisir un organisme réputé et accrédité qui mise sur la transparence et l’accompagnement. Assurez-vous de comprendre les frais, l’admissibilité, l’effet sur votre crédit et les dettes qui peuvent être incluses. Bien géré, un PGD peut raccourcir la durée de votre remboursement, réduire votre stress et vous remettre sur la voie de la confiance financière. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.