L’Alberta tente présentement de privatiser des services de santé au moyen du projet de loi 11. Là où les soins de santé sont privés, les frais à payer de sa poche ont tendance à être élevés. Les États-Unis font partie des pays où les services de santé sont privés, et les dettes médicales y sont importantes. Quand les soins de santé ne sont pas financés par l’État, ce sont les gens au budget serré qui risquent le plus d’en souffrir. Les soins médicaux peuvent coûter cher, et les frais s’accumulent très vite. Si l’Alberta adopte le projet de loi 11, la triste réalité est que des gens pourraient se retrouver avec des dettes médicales.
Que propose le projet de loi 11 de l’Alberta?
Le projet de loi 11 est un projet de loi albertain qui propose un modèle de pratique mixte. Les médecins pourraient ainsi travailler dans le système public tout en offrant des services payés au privé. Il n’y a encore aucun détail sur les prix ou les restrictions, puisque le projet de loi n’a pas encore force de loi.
Que dit le gouvernement?
Le gouvernement affirme que cette mesure rendra les soins médicaux plus accessibles. Elle pourrait rendre les soins plus accessibles aux mieux nantis, mais il semble peu probable que le Canadien moyen en profite de la même façon. Le gouvernement affirme que le nouveau projet de loi réduira les temps d’attente. Il soutient aussi qu’il aidera à attirer et à retenir les médecins, puisqu’ils gagneront plus d’argent grâce aux frais des soins de santé privés.
Quels effets pour les Canadiens?
Des frais plus élevés à payer de sa poche
Selon la proposition, les gens pourraient payer directement pour obtenir plus rapidement des interventions et des soins médicaux. Ça s’appliquerait à toute la gamme des services, qu’il s’agisse d’urgences ou de chirurgies non urgentes. Le projet de loi ne fixe aucune limite aux montants que les fournisseurs privés peuvent facturer. Les factures pourraient donc être assez salées. Si vous payez de votre poche sans assurance privée, vous pourriez vous retrouver avec une énorme facture.
Des changements aux règles de couverture des médicaments
Le projet de loi 11 de l’Alberta tente aussi de modifier les règles de couverture des médicaments. Il cherche à inverser l’ordre de responsabilité pour la couverture des soins de santé. Selon le nouveau projet de loi, les régimes privés ou d’employeur paieraient en premier, puis le régime public. Les employeurs paieraient donc probablement des primes plus élevées, et ce coût finirait par être refilé aux employés. Les employés pourraient alors devoir payer des primes ou des quotes-parts plus élevées, ou recevoir des salaires plus bas.
Une dépendance accrue aux avantages sociaux
Comme l’assurance privée ou d’employeur passerait en premier, elle prendrait plus d’importance pour bien des gens. Les avantages sociaux pourraient finir par peser davantage dans la balance au moment de chercher un emploi. Le revers de la médaille, c’est que les gens seraient liés à leur emploi à cause des avantages sociaux offerts. Ils dépendraient donc davantage des employeurs privés. Si les soins de santé restaient entièrement financés par l’État, les gens dépendraient moins des avantages sociaux.
Plus d’inégalités de richesse
Dans ce modèle, les patients plus fortunés peuvent passer devant les autres. Les Canadiens à faible revenu, eux, pourraient devoir attendre plus longtemps ou subir des retards pour des soins qu’ils n’ont pas les moyens de payer de leur poche. Certains pays européens ont constaté qu’une offre accrue de soins de santé privés ralentit en fait l’accès aux soins dans le système public. Il devient alors plus difficile d’obtenir des soins médicaux. Un argument souvent avancé est que les médecins pourraient ainsi gagner plus d’argent. On pourrait aussi y arriver en les payant mieux dans le système de santé public.
Est-ce que ça peut mener à des dettes médicales?
La Loi canadienne sur la santé oblige les provinces à couvrir tous les services hospitaliers et médicaux médicalement nécessaires, sans frais directs. Selon cette loi, les provinces qui ajoutent de la surfacturation ou des frais pourraient perdre une partie des transferts fédéraux en santé. Malgré tout, les soins d’urgence, les soins contre le cancer, les soins intensifs et les médecins de famille devraient rester financés par l’État.
Si les options privées se multiplient pour les chirurgies, les examens diagnostiques ou l’accès aux spécialistes, les gens pourraient se sentir obligés de dépenser beaucoup pour obtenir les traitements dont ils ont besoin. Bien des Canadiens pourraient avoir l’impression de ne pas avoir d’autre choix que le privé. Ça peut augmenter le risque de dettes médicales à long terme.
Si les avantages sociaux prennent plus d’importance, l’assurance deviendra probablement plus chère. Ça voudrait dire des primes, des franchises et des quotes-parts plus élevées. Les personnes sans assurance privée ni avantages sociaux pourraient être touchées de façon disproportionnée. Ça peut aussi nuire aux travailleurs à la demande, aux aînés à faible revenu et aux travailleurs autonomes. Bien sûr, des soins retardés peuvent mener à des situations ou à des issues difficiles. Ça peut entraîner des traitements plus coûteux plus tard, ou des pertes de salaire.
Comment éviter les dettes médicales?
- Même si le projet de loi 11 est adopté, le gouvernement de l’Alberta devra continuer d’offrir des services publics. Consultez votre médecin de famille et les services d’urgence autant que possible. Ils resteront financés par l’État. Vous pouvez demander à être dirigé vers un spécialiste couvert par le système public.
- Vous devrez peut-être accorder plus d’importance aux avantages sociaux au moment de chercher un emploi.
- Renseignez-vous sur l’assurance privée et voyez si elle convient à votre situation.
- Faites grossir un peu votre fonds d’urgence. Vous pourriez aussi créer un fonds de prévoyance pour les frais médicaux prévus (et imprévus).
- La meilleure chose à faire, c’est la prévention. Prenez soin de votre santé pour avoir moins souvent besoin de consulter. Ça aidera aussi à réduire les coûts.
Points à retenir
Le projet de loi 11 de l’Alberta propose un modèle de soins de santé à pratique mixte. Les médecins pourraient ainsi travailler dans le système public tout en offrant des services privés. Cette mesure pourrait toucher les Canadiens de bien des façons. Elle pourrait augmenter les frais à payer de sa poche, modifier la couverture des médicaments, accroître la dépendance aux avantages sociaux et contribuer aux inégalités de richesse. Elle pourrait aussi mener à des dettes médicales. Même si le projet de loi est adopté, certains services resteront financés par l’État. Vous voudrez peut-être aussi vous renseigner sur l’assurance privée et faire grossir un peu votre fonds d’urgence. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.