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3 éléments pour faire preuve d’autocompassion financière
Gestion des dettes

3 éléments pour faire preuve d’autocompassion financière

Lauren Canafranca Rédigé par Lauren Canafranca
Publié 5 min de lecture
Révisé par notre équipe éditoriale
Fait partie de Budget et gestion de l’argent

Dans la culture actuelle du « débrouille-toi tout seul », l’idée de faire preuve d’autocompassion financière est mal comprise. On la confond souvent avec l’apitoiement sur soi ou la complaisance. Faire preuve d’autocompassion financière, c’est une occasion d’assumer la responsabilité de ses erreurs sans se malmener. Tout le monde peut en profiter, parce que l’argent touche tous les aspects de notre vie. Avoir plus de compassion envers nous-mêmes et envers notre argent augmente aussi notre compassion dans les autres sphères de notre vie.

Faire preuve d’autocompassion financière, ce n’est ni de la pitié ni une excuse. C’est reconnaître que ce que vous vivez est difficile, que vous n’êtes pas la seule personne dans cette situation et que vous méritez qu’on vous traite avec bienveillance. Apprendre à mieux savoir en développant sa littératie financière, ce n’est pas la même chose que de mieux faire. Ce sont deux compétences différentes, et l’autocompassion peut faire le pont entre les deux.

La Dre Kristin Neff est l’une des plus grandes chercheuses dans le domaine de l’autocompassion. Dans son livre « Fierce Self-Compassion », la Dre Neff décrit trois éléments fondamentaux de l’autocompassion : la pleine conscience, l’humanité commune et la bienveillance. Chacun de ces éléments peut facilement s’appliquer aux finances de différentes façons.

La pleine conscience : être ici, maintenant

Nous vivons dans un monde qui va vite, où l’on nous répète sans cesse que gérer son argent est difficile, et ça peut effectivement en donner l’impression. La pleine conscience financière, c’est être présent à son argent. C’est observer ses habitudes et les difficultés qui viennent avec cette relation. Être en pleine conscience financière, c’est agir comme un témoin impartial de ses finances et de toutes les décisions qu’on a prises.

Pour prendre une décision éclairée et confiante sur la suite des choses, il faut adopter un regard sans jugement. Dans la culture occidentale, l’argent touche toutes sortes de relations : les amitiés, la famille, le travail et notre relation avec nous-mêmes. Il est très facile de s’identifier à outrance à sa situation financière, à son statut ou à ses échecs. Il devient alors très facile de se juger quand son plan financier dérape.

Peu importe ce que votre petite voix intérieure vous dit parfois, vous n’êtes pas les choix que vous avez faits. Votre valeur ne se mesure pas aux dollars dans votre compte.

La pleine conscience peut aussi freiner des états d’esprit financiers à risque, comme la peur de manquer quelque chose, le fatalisme et l’aversion pour la perte. Prendre le temps de réfléchir aux conséquences d’un achat réduira vos dépenses. En plus, cela peut réduire le risque que vous tombiez dans le piège d’une fraude ou de la dernière mode financière.

Pour commencer à pratiquer la pleine conscience, abordez votre argent avec curiosité. Posez-vous des questions sur votre situation. Prenez le temps d’accueillir cette information sans chercher tout de suite des solutions. Reconnaissez les émotions qui surgissent. Quand des pensées de jugement apparaissent, remerciez-les de leur inquiétude et essayez de les laisser passer. Cette information n’est ni bonne ni mauvaise, et pour l’instant, votre seule tâche est de l’observer.

L’humanité commune : d’autres vivent la même chose

Vous n’êtes pas la seule personne à avoir des dettes de carte de crédit, à avoir besoin d’une proposition de consommateur ou à déclarer faillite. Vous n’êtes ni la première ni la dernière personne à être victime d’une fraude financière ou à attendre qu’il semble trop tard pour commencer à investir.

La peur du jugement des autres sur nos choix financiers empêche tellement de gens d’obtenir l’aide dont ils ont besoin. Souvent, c’est notre propre critique intérieure qui nous retient. Le biais de confirmation peut isoler encore davantage les familles et les personnes et les empêcher d’obtenir de l’aide et de progresser. Sachez que bien d’autres vivent la même chose.

L’indice de santé financière 2022 est une étude menée sur une décennie qui mesure la capacité financière autoévaluée. L’étude a été réalisée par l’Association canadienne des services de counselling en crédit (CACCS) et Environics. Elle souligne qu’au cours des dix dernières années, la majorité des Canadiens ont vécu d’une paie à l’autre, ou pire.

La dette de carte de crédit moyenne des Canadiens est en hausse.

L’inflation, combinée à la stagnation des salaires, touche la majorité de la population. Vos difficultés financières ne sont pas uniques.

La bienveillance : traitez-vous comme vous traitez les autres

Le troisième élément est le plus évident, mais il peut aussi être le plus difficile : la bienveillance. Ce sont souvent les autres qui profitent de notre compréhension et de nos encouragements. Nous hésitons à tourner cette bienveillance vers nous-mêmes, malgré ses bienfaits bien connus. Devant une erreur ou un échec, nous nous tournons souvent vers la critique. Nous nous démolissons dans l’intimité de notre esprit. Nous nous malmenons en sachant très bien que nous ne parlerions jamais ainsi à une personne inconnue, encore moins à nos proches.

La plupart du temps, les choses cruelles que nous nous disons sont fausses. Faire une erreur avec notre argent ne fait pas de nous des personnes ratées, stupides ou indignes. La gestion de l’argent n’est pas une compétence innée, mais la bienveillance, oui. Nous sommes capables de donner et de recevoir de la bienveillance, et nous méritons avant tout de recevoir la nôtre.

Pour passer à l’action et faire un changement durable et significatif, nous devons devenir notre propre soutien. Abordez les défis et les échecs avec curiosité, encouragement et persévérance. Si nous remplaçons notre autocritique par de l’autocompassion, nos comptes prendront de la valeur. Notre volonté de réessayer grandira. Ses effets nous aideront à nous épanouir, puis rejailliront sur les gens autour de nous pour les aider eux aussi.

Mettre le tout ensemble

Étape 1 : Reconnaissez vos émotions en pleine conscience, sans attentes ni jugement.
« Je ressens du regret, j’ai le cœur lourd et j’ai l’impression qu’il n’y a plus vraiment d’espoir. »

Étape 2 : Reconnaissez votre humanité commune.
« Tout le monde a des difficultés avec l’argent à sa façon. Je ne suis pas la seule personne à me sentir ainsi, et des gens peuvent m’aider. »

Étape 3 : Traitez-vous avec la même bienveillance que vous offririez à une personne que vous aimez.
« J’ai fait de mon mieux jusqu’ici. J’ai fait les choix qui me semblaient les meilleurs avec l’information que j’avais. Prêter attention à mon argent est nouveau pour moi, et je suis capable d’apprendre de nouvelles compétences et de passer à l’action. J’ai le pouvoir de changer cette situation. »

Vous ne ferez pas toujours les bons choix. Vos erreurs devront être réglées. Faire preuve d’autocompassion financière, c’est aborder votre argent avec pleine conscience, humanité et bienveillance. Vous pourrez ainsi assumer la responsabilité de vos erreurs sans que ces échecs deviennent votre identité. Vos erreurs ne représentent pas qui vous êtes ni ce dont vous êtes capable. Abordez votre budget, vos dettes et votre épargne avec bienveillance et action. Vous pouvez demander de l’aide et soulager votre souffrance. Vous méritez d’améliorer votre situation financière tout en préservant votre bien-être émotionnel. N’oubliez pas qu’apprendre demande de la répétition. Faites une erreur, reconnaissez-la, ajustez le tir avec bienveillance et réessayez.