English Obtenez de l’aide
Les institutions financières ontariennes se mobilisent pour les personnes dans le besoin
Actualités

Les institutions financières ontariennes se mobilisent pour les personnes dans le besoin

Publié 5 min de lecture
Révisé par notre équipe éditoriale

Des institutions financières de l’Ontario unissent leurs efforts pour faire ce qui s’impose! Elles viennent en aide à certaines des personnes les plus vulnérables et les plus victimisées : les victimes de la traite des personnes.

Qu’est-ce que la traite des personnes?

Le gouvernement du Canada définit la traite des personnes comme « le recrutement, le transport, l’hébergement ou le fait d’exercer un contrôle, une direction ou une influence sur les déplacements d’une personne en vue de l’exploiter ».

Autrement dit, l’agresseur contrôle chacun des gestes de la victime. Pour l’isoler, on la déplace habituellement dans une nouvelle ville, ou même dans un autre pays. Elle est ensuite forcée de travailler pour l’agresseur.

Les statistiques

La nature horrible de la traite des personnes pousse bien des gens à faire l’autruche et à ignorer le fait qu’elle existe. On peut penser : « Ça n’arrive pas ici » ou « C’est tellement rare ». Ouvrons les yeux en prenant connaissance de quelques faits sur la traite des personnes au Canada.

(Sauf indication contraire, toutes les données portent sur la période de 2013 à 2023.)

  • La grande majorité des victimes, soit 93 %, sont des femmes et des filles.
  • Près de la moitié, soit 42 %, ont de 19 à 24 ans.
  • 91 % des victimes connaissaient leur trafiquant. Parmi elles, 22 % en étaient au moins des connaissances et 34 % étaient ses partenaires intimes.
  • 570 cas de traite des personnes ont été signalés à la police en 2023 seulement. Selon les spécialistes, bien d’autres ne sont probablement pas signalés en raison de la nature secrète de ce crime.
  • De 2019 à 2022, 67 % des cas signalés l’ont été en Ontario, et 87 % dans de grands centres urbains.
  • L’Ontario et la Nouvelle-Écosse affichent les taux de traite des personnes par habitant les plus élevés au Canada.
  • De 2019 à 2022, 69 % des victimes ont été forcées à se livrer au travail du sexe.

Les finances et la traite des personnes

L’argent joue un rôle clé dans la traite des personnes, de plusieurs façons.

Premièrement, l’argent obtenu en échange du travail de la victime devient souvent le revenu du trafiquant.

Deuxièmement, le trafiquant prive la victime de tout accès à l’argent. Sans argent, les victimes dépendent entièrement des trafiquants pour survivre, et il leur est pratiquement impossible de s’échapper en toute sécurité.

Enfin, il n’est pas rare que les trafiquants forcent les victimes à leur remettre tout l’argent de leur compte bancaire et à contracter des dettes en leur nom. Les trafiquants utilisent ensuite ces fonds pour acheter des téléphones jetables, des chambres d’hôtel et tout ce dont ils ont besoin pour poursuivre leurs activités. Selon Victim Services Toronto, les victimes se retrouvent en moyenne avec 20 000 $ de dettes.

Ce qui aggrave encore la situation, c’est que toutes ces dettes restent au nom de la victime. Sa cote de crédit en souffre énormément. Les personnes qui réussissent à s’échapper passent donc d’une situation terrible à une autre. Sans argent ni accès fiable au crédit, elles ont du mal à se nourrir ou à trouver un endroit sûr où vivre. Parfois, elles sont reprises avant de pouvoir se mettre en sécurité. D’autres fois, pour survivre, elles se remettent en danger en retournant auprès du trafiquant.

Comment les institutions financières aident

C’est dans ces circonstances terribles que la traite des personnes crée autour de l’argent que les institutions financières interviennent.

De grandes institutions financières canadiennes, avec Victim Services Toronto, un organisme sans but lucratif qui défend et soutient les victimes de la traite des personnes, ont mis en place deux mesures de soutien essentielles pour les survivantes et survivants de la traite en Ontario.

Reclaim

Le programme Reclaim aide les survivantes et survivants de la traite des personnes à rétablir leur crédit. Il travaille avec ces personnes, les agences d’évaluation du crédit et d’autres institutions financières pour retirer de leur dossier de crédit les renseignements préjudiciables causés par les agissements des trafiquants. Ce programme révolutionnaire a déjà permis d’effacer 1 million de dollars de dettes frauduleuses. 

Le projet de loi 41

Le projet de loi 41 a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée législative de l’Ontario en octobre 2023. Il mobilise les institutions financières pour libérer les survivantes et survivants de toute dette contractée en leur nom par leur agresseur. Non seulement il interdit le recouvrement de ces dettes, mais il va jusqu’à interdire aux prêteurs d’en tenir compte pour décider d’accorder ou non du crédit à la personne survivante.

Grâce à ces deux mesures, les survivantes et survivants de la traite des personnes en Ontario ont une chance de retrouver leur équilibre financier. Ces personnes pourront louer un appartement, obtenir une carte de crédit et chercher un emploi sans craindre que leurs antécédents de crédit ou leurs dettes posent problème. Autrement dit, elles pourront commencer à reprendre leur vie en main. Espérons que toutes les autres provinces et tous les territoires suivront l’exemple.

Comment repérer la traite des personnes

Voici quelques signes courants qu’une personne est victime de la traite :

  • La personne n’est jamais laissée seule et est toujours escortée d’un endroit à l’autre.
  • D’autres parlent toujours à sa place, ou elle donne des réponses apprises par cœur.
  • Elle n’a pas de pièces d’identité, comme un passeport ou un permis de conduire.
  • Souvent, les trafiquants marquent leurs victimes au moyen de tatouages.
  • Elle est isolée de ses amis et de sa famille, et n’a même pas le droit de leur parler.

Il faut savoir que ces situations sont difficiles à repérer parce que, souvent, même les victimes ne sont pas conscientes de ce qui leur arrive. Parfois, c’est à cause de la barrière de la langue. D’autres fois, c’est parce que la victime est très proche de l’agresseur et ne croit pas que cette personne lui ferait du mal.

Quoi faire si vous avez besoin d’aide

Si vous êtes victime de la traite des personnes, ou si vous soupçonnez qu’une autre personne l’est, appelez la Ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes au 1-833-900-1010.

Voici quelques autres ressources utiles :

Idéalement, ces services ne seraient pas nécessaires. Continuons de travailler à cette réalité. D’ici là, il est rassurant de savoir que ces organismes, lois, programmes, agences et institutions financières unissent leurs efforts pour le bien commun.