Les syndicats et les grèves font souvent les manchettes ces temps-ci. Le secteur privé comme le secteur public vivent des conflits de travail. Entre autres, des grèves ont touché le personnel de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et de la Toronto Transit Commission (TTC). Le paysage syndical est donc complexe et polarisant.
Selon un sondage de l’Institut Angus Reid, deux Canadiens sur cinq (43 %) disent appuyer les lois sur le « droit au travail », qui permettent de travailler dans un milieu syndiqué sans payer de cotisations syndicales. À l’inverse, deux sur cinq (41 %) s’y opposent.
Il est essentiel de bien comprendre ce que l’adhésion à un syndicat peut vous apporter et vous coûter sur le plan financier. Voyons ici comment les syndicats s’inscrivent dans le cadre du Code canadien du travail, puis les avantages et les inconvénients financiers de l’adhésion syndicale.
La collaboration entre le Code canadien du travail et les syndicats
Le Code canadien du travail est une loi en quatre parties adoptée par le gouvernement du Canada. Il énonce les droits et les responsabilités des travailleurs ainsi que les lois fédérales du travail. Il fournit aussi le cadre juridique des activités syndicales. Les syndicats jouent un rôle essentiel dans la négociation collective et l’amélioration des normes du travail. Les syndicats et le Code canadien du travail vont de pair pour répondre aux besoins des employés et des employeurs.
Les conflits de travail en cours dans les secteurs privé et public montrent l’importance des syndicats pour défendre un traitement équitable, de meilleures normes du travail et de meilleures conditions financières pour les travailleurs. Qu’il s’agisse de négocier des augmentations de salaire, d’obtenir de meilleurs avantages sociaux ou d’assurer la sécurité d’emploi, les syndicats veillent au bien-être de leurs membres.
Les avantages financiers des syndicats
Des salaires plus élevés et plus d’égalité
Des salaires plus élevés, voilà le principal avantage de l’adhésion à un syndicat. Les travailleurs syndiqués gagnent généralement plus que leurs homologues non syndiqués.
Récemment, le personnel enseignant de l’Ontario a obtenu une augmentation salariale de plus de 11 % sur quatre ans. Ainsi, les salaires suivent le rythme de l’inflation et de la hausse du coût de la vie. La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario a déclaré que cette augmentation « représente la plus forte hausse sur la durée d’une convention depuis plus de dix ans ». De même, les travailleurs de Nestlé ont conclu une nouvelle convention collective qui prévoit des augmentations de salaire. Cela montre l’égalité financière que les syndicats peuvent obtenir.
L’étude The Union Advantage, publiée par l’Université de Regina, a révélé que les syndicats jouent un rôle important dans la réduction de l’écart salarial entre les femmes et les hommes. En fait, en Saskatchewan, les femmes syndiquées de 15 à 24 ans gagnent plus que leurs homologues masculins.
La sécurité et la stabilité d’emploi
Les employés syndiqués ont une plus grande sécurité d’emploi que les employés non syndiqués. Ils négocient souvent des conventions collectives qui comprennent des clauses de protection contre les mises à pied arbitraires et les congédiements injustes.
Par exemple, les travailleurs d’Amazon à Delta, en Colombie-Britannique, ont voté pour se syndiquer avec Unifor. Cette stabilité peut être précieuse, surtout pour les Canadiens qui ont des dettes, comme un prêt auto ou un prêt hypothécaire. Au bout du compte, un emploi sûr signifie un revenu stable, ce qui est essentiel à la planification financière.
De meilleurs avantages sociaux et régimes de retraite
Les syndicats peuvent aussi obtenir de meilleurs avantages sociaux et régimes de retraite. Cela peut comprendre une assurance maladie complète, des congés payés, des régimes de retraite et des allocations pour la formation. L’étude The Union Advantage a révélé que 82 % des travailleurs syndiqués au Canada avaient un régime de retraite, contre seulement 37 % des travailleurs non syndiqués.
Les inconvénients financiers des syndicats
Les grèves et la perte de revenu
Participer à une grève peut entraîner une perte temporaire de revenu. Pendant une grève, les travailleurs ne reçoivent pas leur paie habituelle. Ils peuvent recevoir une indemnité de grève du syndicat pour couvrir leurs besoins de base, mais elle est souvent bien inférieure à leur revenu habituel.
Voici une chronologie de grèves marquantes dans divers secteurs :
- En juillet 2023, les scénaristes et les comédiens d’Hollywood ont fait la grève. Après quatre mois, ils ont réussi à éviter une clause de perpétuité dans leurs contrats. Cette victoire a permis aux comédiens de garder le contrôle sur leur image et leurs revenus futurs.
- En novembre 2023, l’Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists (ACTRA) et la Screen Actors Guild-American Federation of Television and Radio Artists (SAG-AFTRA) ont conclu une entente de principe après une grève de 118 jours, pendant laquelle leurs membres ne pouvaient pas travailler sur des publicités en raison d’un lock-out.
- En avril 2024, les employés d’un traiteur aérien ont fait la grève, ce qui a limité l’offre de repas d’Air Canada et de WestJet et causé de longs retards.
- En mai 2024, les employés de LifeLabs ont fait la grève en raison de désaccords sur les congés de maladie, la dotation en personnel et les services de sécurité.
- En mai 2024, les employés de Waste Management Canada Corp (WM) ont fait la grève en raison de désaccords sur les heures supplémentaires obligatoires, les régimes de retraite et les avantages sociaux.
Les cotisations syndicales
L’un des principaux inconvénients financiers est le coût des cotisations syndicales, qui sont fixées par les agents négociateurs. Elles représentent généralement de 1 à 2 % du salaire, soit moins de 800 $ par année. Ces cotisations obligatoires, que les membres doivent payer, soutiennent les activités du syndicat et de l’unité de négociation. Elles financent des services essentiels comme la négociation collective et la représentation juridique. Pourtant, elles peuvent représenter un fardeau, surtout pour les employés qui vivent des difficultés financières.
Le stress au travail et l’augmentation possible des conflits
Parfois, les négociations syndicales et les grèves peuvent accroître les tensions et le stress au travail. Les désaccords qui s’éternisent peuvent nuire aux relations de travail avec l’employeur et créer un climat de travail désagréable. Cela peut indirectement nuire au rendement et à la santé mentale des travailleurs. Par conséquent, cela pourrait entraîner des pertes de salaire si la capacité de travail d’une personne est touchée.
Pour ou contre? Déterminer si un syndicat vous convient
Faire partie d’un syndicat offre de grands avantages financiers, notamment des salaires plus élevés, une meilleure sécurité d’emploi et de meilleurs avantages sociaux. Toutefois, cela comporte des inconvénients, comme les cotisations syndicales et la perte possible de revenu pendant les grèves. La stabilité et les meilleurs salaires qu’offrent les syndicats peuvent être un gros avantage pour les Canadiens. Il est important de peser le pour et le contre avant de décider de devenir membre d’un syndicat.
Explorer la syndicalisation avec votre employeur
Si les avantages de l’adhésion syndicale vous intéressent, renseignez-vous sur la possibilité de former un syndicat ou d’adhérer à un syndicat dans votre milieu de travail. Les syndicats peuvent offrir un soutien essentiel pour négocier de meilleurs salaires, de meilleurs avantages sociaux et de meilleures conditions de travail. Parmi les syndicats, on trouve notamment le Syndicat des Métallos, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l’Association des pilotes d’Air Canada. Vous pouvez faire le premier pas vers l’amélioration de votre milieu de travail. Communiquez avec votre syndicat local ou avec le Congrès du travail du Canada (CTC) pour en savoir plus.