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Le crédit en mutation : le nouveau taux d’intérêt criminel au Canada
Gestion des dettes

Le crédit en mutation : le nouveau taux d’intérêt criminel au Canada

Publié 5 min de lecture
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Fait partie de Prêts et produits de crédit

Le taux d’intérêt criminel correspond au taux d’intérêt maximal que les prêteurs peuvent légalement exiger sur un prêt. Depuis le 1er janvier 2025, le taux maximal permis a chuté, passant d’un taux annuel effectif (TAE) de 60 % à un taux annuel en pourcentage (TAP) de 35 %. Au début, ce changement n’aura pas de grandes répercussions pour bien des gens, mais attention. À long terme, cette seule modification pourrait toucher l’ensemble de la population canadienne, pour le meilleur ou pour le pire.

Le pourquoi

Pour comprendre pourquoi le gouvernement a modifié le taux d’intérêt criminel, il est utile d’avoir une idée claire du fonctionnement des prêts à intérêt élevé. Prenons les prêts sur salaire comme exemple de ce qui se passe avec les prêts à intérêt élevé.

Une personne de bonne volonté qui éprouve des difficultés financières cherche de l’aide pour payer sa facture d’électricité. Elle trouve une société de prêts sur salaire qui lui offre un prêt de 200 $ pour 28 $. Parfait! La facture d’électricité est payée et tout va bien, pour un temps. Le jour de paie arrive, et notre personne de bonne volonté se rend compte que le loyer arrive à échéance. Comme elle doit rembourser la société de prêts, elle sait qu’il lui manquera de l’argent, alors elle contracte un autre prêt auprès de la même société. Au fond, elle emprunte à nouveau la même somme, mais paie encore 28 $. En quelques tours de ce cycle seulement, elle a versé à la société de prêts sur salaire autant d’argent qu’elle en avait emprunté.

Avec ce changement, le gouvernement veut protéger les consommateurs contre ces spirales d’endettement causées par les prêts à intérêt élevé et favoriser un crédit plus abordable. Ses intentions sont bonnes et ce changement aidera certaines personnes, mais il pourrait aussi avoir des conséquences qui toucheront l’ensemble de la population canadienne. Il est important que nous sachions tous comment et pourquoi.

L’effet domino

Impossible d’y échapper : le but premier d’une entreprise est de faire de l’argent. Une société de prêts ne fait pas exception. Et il n’y a rien de mal à cela. En toute justice, faire de l’argent n’a rien de répréhensible en soi, tant que c’est fait de façon légitime et éthique. (Nous garderons pour une autre fois la question de l’éthique d’alimenter un problème systémique.) Le problème, c’est qu’il y a toujours un point de bascule. Ce point est atteint quand le taux d’intérêt que ces sociétés peuvent légalement exiger ne leur permet plus de rester en affaires de façon viable ou rentable. Autrement dit, une entreprise ne peut pas continuer si elle n’arrive plus à payer ses employés ou son loyer.

Ce nouveau taux d’intérêt est-il le point de bascule? Peut-être. Peut-être pas. Seules les sociétés de prêts le savent vraiment. Ce qui est sûr, c’est que depuis que le gouvernement a annoncé ce changement, ces sociétés sont en pleine analyse et en train de revoir leur modèle. Elles se demandent : sommes-nous en difficulté, et que faire pour nous en sortir? Ce sont les réponses à ces questions qui pourraient avoir des répercussions majeures sur le paysage financier canadien. 

Les retombées

L’une des plus grandes conséquences possibles pour les emprunteurs, c’est que des taux d’intérêt plus bas pourraient, sans le vouloir, donner une fausse impression d’abordabilité. Certains emprunteurs pourraient ainsi tarder à demander l’aide de spécialistes en finances et continuer de compter sur des prêts à intérêt élevé, ce qui aggraverait leur situation avec le temps. C’est semblable à l’exemple du prêt sur salaire, mais la différence, c’est que le rythme plus lent entraînerait un cycle d’endettement plus long et plus profond.

Autre conséquence pour les emprunteurs : les prêteurs pourraient adopter une approche plus prudente. L’imposition de taux d’intérêt plus bas pourrait entraîner une baisse des approbations de prêts. Pire encore, cette sélectivité accrue pourrait toucher de façon disproportionnée les personnes qui ont réellement besoin de ces services et qui les utilisent le plus. Par exemple, les personnes dont la cote de crédit est loin d’être parfaite et qui ne peuvent pas obtenir de crédit ailleurs, ainsi que les ménages à faible revenu.

La baisse de l’accès au crédit pourrait, sans le vouloir, pousser certains emprunteurs vers des options de prêt plus risquées et non réglementées, comme les prêteurs sur gages, les prêteurs informels ou les entités à l’étranger. Ces options offrent souvent peu de protections essentielles pour les consommateurs, ce qui peut enliser encore davantage les gens dans les dettes. C’est d’autant plus inquiétant que beaucoup de gens éprouvent des difficultés financières. En fait, un sondage récent a révélé qu’une personne sur deux au Canada est à seulement 200 $ de se retrouver sans le sou.

La porte de sortie

À ce stade, le changement est fait. Aussi bien intentionnée qu’elle ait été, la baisse du taux d’intérêt criminel est officielle, et la porte est ouverte à ces conséquences imprévues. Il est peu probable que le gouvernement revienne sur sa décision ou restructure toute l’industrie financière de sitôt. Il nous reste donc une question : que faire? Voici quelques mesures proactives que la population canadienne peut prendre pour atténuer les retombées.

Le budget et la gestion des dettes

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Faites appel à des spécialistes

Si vous commencez à sentir que la situation vous dépasse, demandez l’aide d’une ressource financière réputée. N’attendez pas. Plus vous demandez de l’aide tôt, plus vous aurez d’options pour reprendre le dessus.

En résumé

La baisse du taux d’intérêt criminel vise à protéger les Canadiens vulnérables contre les pratiques de prêt abusives, mais elle comporte aussi certaines complexités et certains risques. Il est essentiel de comprendre ces changements et de prendre des mesures pour améliorer votre santé financière : bâtir votre crédit, faire un budget, vous informer et demander l’aide d’organismes de confiance. Il faut aussi connaître les risques que présentent les prêteurs non réglementés et prendre les mesures nécessaires pour faire des choix éclairés.

Si vous êtes déjà pris dans une spirale d’endettement, il existe une porte de sortie. L’un de nos conseillers en crédit peut vous montrer comment lors d’une consultation gratuite.