La plupart des gens ne pensent pas qu’ils devront un jour déclarer faillite. Du moins, jusqu’à ce qu’ils soient si endettés que c’est pratiquement la seule solution qui leur vient à l’esprit pour régler leurs problèmes d’argent. Le pays connaît une baisse du nombre de faillites et d’insolvabilités cette année, et nous sommes curieux de savoir pourquoi. Heureusement, Debt.ca a obtenu les conseils de cinq des plus grands experts financiers du Canada. Dans cet article, ils nous font part de leur point de vue sur la baisse des faillites cette année et sur ce à quoi il faut s’attendre l’an prochain.
Table des matières
- Selon vous, que se passera-t-il pour les faillites au Canada d’ici la fin de l’année et l’an prochain?
- Pourquoi recommanderiez-vous à quelqu’un de choisir la faillite plutôt qu’un autre programme de désendettement?
- Quelles sont vos options si vous êtes en faillite et avez besoin d’un logement ou d’un véhicule?
- Comment tourner la page sur une faillite passée et commencer à rebâtir votre crédit?
- La faillite est-elle aussi terrible que la plupart des gens le pensent?
- Comment savoir quand il est temps de déclarer faillite?
- Carl Rumanek, Rumanek & Company, Ltd.
- Victor Fong, Fong and Partners, Inc.
- Richard Howell, Clark Farb Fiksel LLP
- Jeff Kahane, Kahane Law Office
- Melody Desmarais, Beverley & Associates, Inc.
1. Selon vous, que se passera-t-il pour les faillites au Canada d’ici la fin de l’année et l’an prochain?
Carl Rumanek
Je pense que les faillites et les propositions ont commencé à augmenter en octobre 2020, une fois que la PCU est passée de l’ARC à l’assurance-emploi, ce qui s’est produit en septembre 2020. J’ai entendu dire que jusqu’à 1 000 000 de personnes ne seront plus admissibles et que jusqu’à 400 000 Canadiens seront admissibles, mais pour un montant inférieur à 2 000 $. De plus, quand les gens commenceront à produire leur déclaration de revenus en mars et en avril 2021 et qu’ils se rendront compte que les sommes reçues de la PCU sont un revenu imposable, la dette fiscale poussera un autre groupe de débiteurs à envisager la faillite ou une proposition de consommateur.
Victor Fong
Il est difficile de répondre à cette question sans connaître l’issue des variables suivantes : 2020- Y aura-t-il une deuxième vague de COVID-19 à partir de l’automne 2020? Si c’est le cas, il est plus probable qu’improbable que les programmes d’aide gouvernementaux se poursuivent, ce qui prolongera la baisse des dossiers d’insolvabilité de consommateurs.
- S’il n’y a pas de deuxième vague et que les programmes d’aide gouvernementaux prennent fin graduellement, les insolvabilités de consommateurs augmenteront probablement.
Richard Howell
Tout d’abord, il est clair qu’en raison de la catastrophe économique causée par la COVID, un nombre sans précédent d’entreprises ne survivront pas. Par conséquent, un nombre sans précédent de personnes et de familles ne pourront pas survivre financièrement. La faillite sera la seule solution si une proposition de consommateur ou une proposition concordataire en vertu de la section I n’est pas réalisable. Bref, la seule façon de refaire sa vie sera le nouveau départ qu’offre une faillite.Melody Desmarais
On prévoit que, même si le nombre de faillites personnelles est bas en 2020, il y aura une hausse marquée des faillites personnelles en 2021.2. Pourquoi recommanderiez-vous à quelqu’un de choisir la faillite plutôt qu’un autre programme de désendettement?
Carl Rumanek
Pour plusieurs raisons. Si les dettes sont très élevées, les liquidités ne suffisent peut-être pas à justifier autre chose que la faillite. Si les dettes individuelles sont élevées, il y a un examen plus minutieux dans une proposition que si les dettes sont toutes de petits soldes. Le nom des créanciers est aussi important. Certains créanciers exigent un remboursement plus élevé que d’autres dans une proposition. L’âge est aussi un facteur. Plus vous avancez en âge, moins vous aurez probablement besoin d’emprunter de grosses sommes pour acheter une maison, lancer une nouvelle entreprise, etc. Les connaissances et l’expérience sont essentielles pour décider quoi faire.Victor Fong :
Parce que la personne n’a pas les moyens de suivre un autre programme de désendettement, comme une proposition de consommateur ou un programme de gestion des dettes.
Richard Howell :
Choisir la faillite est normalement un dernier recours. Plusieurs facteurs influenceront la décision, comme l’âge, les liquidités, les biens et la situation familiale, pour n’en nommer que quelques-uns. De nombreuses questions juridiques doivent être examinées, et bon nombre d’entre elles nécessiteront des conseils juridiques pointus.Jeff Kahane
Parfois, il n’y a pas d’autres choix. Autrement dit, il n’y a aucune possibilité de remboursement ordonné.Melody Desmarais :
Il peut y avoir plusieurs options pour régler ses dettes. La faillite ne serait recommandée que si aucune autre option n’était viable.3. Quelles sont vos options si vous êtes en faillite et avez besoin d’un logement ou d’un véhicule?
Carl Rumanek :
Les petits propriétaires n’ont pas le personnel ni les connaissances nécessaires pour faire une vérification de crédit complète. Ils appelleront peut-être une ou deux des références que vous leur avez fournies, mais pas beaucoup plus. Notre bureau travaille avec des concessionnaires automobiles qui peuvent fournir et financer une voiture à un taux d’intérêt raisonnable pour nos clients.Victor Fong :
Vous pouvez demander à un proche qui a un bon dossier de crédit de cosigner un bail ou un contrat de financement.Richard Howell :
La question du logement de remplacement se règle souvent en vendant des biens, en habitant chez des proches ou en rachetant l’intérêt du syndic dans la résidence familiale. Plusieurs prêteurs acceptent de financer un prêt hypothécaire de remplacement, surtout compte tenu de la hausse de la valeur de la plupart des propriétés. Je crois comprendre que certains prêteurs à risque financent l’achat de voitures pour les personnes en faillite.
Jeff Kahane :
Le processus de faillite permet qu’une partie des fonds vous revienne pour payer des choses comme le loyer, et une disposition prévoit qu’une partie de la valeur de votre maison vous soit versée à vous plutôt qu’à vos créanciers.Melody Desmarais
Dans le cadre des processus de faillite et de proposition de consommateur, des séances de consultation budgétaire sont offertes pour aborder ces questions. Cela dit, plusieurs sociétés de financement automobile accordent du financement aux personnes en faillite.4. Comment tourner la page sur une faillite passée et commencer à rebâtir votre crédit?
Carl Rumanek :
À notre deuxième séance de consultation (environ 5 mois après l’ouverture du dossier), nous donnons à tous nos clients des instructions écrites et verbales sur la façon de rebâtir leur crédit et d’améliorer leur cote de crédit. De plus, je dis toujours à mes clients de m’appeler s’ils ont des problèmes financiers, peu importe depuis combien de temps nous avons travaillé ensemble.Victor Fong :
Vous pouvez commencer à rebâtir votre crédit en suivant la règle du 2/2/2 : 2 comptes de crédit avec une limite de 2 000 $ chacun et un historique de remboursement de 2 ans. La façon la plus simple de commencer serait d’obtenir des cartes de crédit garanties.Richard Howell :
Les principales agences d’évaluation du crédit conservent la faillite dans leurs dossiers pendant sept ans après la date de libération. Par contre, une personne en faillite peut généralement obtenir une carte de crédit garantie par un dépôt préalable.Jeff Kahane :
Assurez-vous toujours de payer vos factures rapidement. Ne contractez pas de crédit supplémentaire. N’utilisez pas tout le crédit dont vous disposez (ne dépassez jamais 60 à 70 % de votre crédit disponible). Vivez selon vos moyens.
Melody Desmarais
Les agences d’évaluation du crédit confirment qu’une faillite reste inscrite à votre dossier de crédit pendant 6 ans après la libération. Rebâtir votre crédit le plus tôt possible est la clé pour améliorer votre cote de crédit, et ce processus est abordé lors des séances de consultation budgétaire prévues dans le cadre d’une faillite personnelle.5. La faillite est-elle aussi terrible que la plupart des gens le pensent?
Carl Rumanek :
Les préjugés sont le résultat direct de la publicité des prêteurs, qui a conditionné le public à croire que les dettes (y compris les intérêts) doivent toujours être remboursées et que la faillite, la consolidation de dettes, la proposition de consommateur, le règlement de dettes, etc. sont tous à éviter. Bien sûr : ils veulent récupérer leur capital et leurs intérêts. C’était peut-être vrai à l’époque de mon père et de mon grand-père, mais à l’ère numérique, il est tellement plus facile de rebâtir son crédit. Je ne crois pas que la plupart des jeunes pensent que la faillite est mal vue.Victor Fong :
Non, cette mauvaise réputation n’est pas méritée, surtout en des temps comme ceux que nous vivons. Tout le monde souffre financièrement à cause de la pandémie de COVID-19.Richard Howell :
Je crois que la « stigmatisation » liée à la faillite appartient en grande partie au passé, surtout en période de catastrophe économique.Jeff Kahane :
Ce n’est pas quelque chose qui devrait être jugé, sauf dans la mesure où vous essayez d’obtenir plus de crédit. C’est la situation qui compte le plus. Si quelqu’un a perdu son emploi à cause d’une maladie, c’est plus compréhensible que dans le cas d’une personne qui veut acheter au-delà de ses moyens (téléviseurs, motoneiges, etc.), mais qui ne veut pas payer. Il y a beaucoup de raisons qui peuvent mener une personne à la faillite. C’est mauvais pour votre crédit pendant des années.Melody Desmarais
La décision de déclarer faillite doit toujours être prise au sérieux. Cependant, la loi est conçue pour le débiteur honnête, mais malchanceux. La stigmatisation liée à la faillite n’est pas toujours méritée, puisque les statistiques démontrent que la majorité des faillites sont déclarées à la suite d’une perte d’emploi, de problèmes de santé ou d’une rupture conjugale, des situations qui sont toutes involontaires.