En pleine pandémie mondiale, on pourrait croire que les faillites personnelles seraient en hausse, mais ce n’est pas le cas. En fait, elles semblent aller dans la direction opposée. À première vue, cela peut sembler une bonne nouvelle, mais les chiffres sont trompeurs.
Dans cet article, nous verrons comment les faillites personnelles ont atteint un creux record en avril. Nous parlerons aussi des mesures temporaires que le gouvernement fédéral et les banques ont mises en place pour aider les Canadiens. Enfin, nous verrons si nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive cet automne.
Les faillites personnelles à un creux record : ce que cachent les chiffres
Le nombre de Canadiens qui ont déclaré faillite a atteint un creux record en avril. Selon le Bureau du surintendant des faillites Canada, environ 6 700 Canadiens ont déclaré faillite ou présenté une proposition officielle à leurs créanciers en avril. C’est une baisse spectaculaire de 43 % par rapport à avril 2019. Cela ne veut pas dire que ces personnes n’ont plus aucune dette.
C’est la plus forte baisse jamais enregistrée, et les données remontent jusqu’à 1988. C’est aussi le plus petit nombre de Canadiens à déclarer faillite depuis au moins 2007. Hourra!
Mais avant de sabrer le champagne, sachez que ces chiffres ne sont pas aussi bons qu’ils en ont l’air. Le fait que moins de Canadiens déclarent faillite ne veut pas dire que moins d’entre nous vivent du stress financier. La plupart des Canadiens font tout ce qu’il faut pour payer leurs factures pour le moment. Cela peut vouloir dire utiliser davantage leur carte de crédit, ce qui pourrait nuire plus tard à leur dossier de crédit.
C’est comme si les gens préféraient composer avec des dettes de crédit plutôt que de passer par un long processus juridique ou de faire affaire avec un syndic autorisé en insolvabilité.
Les effets de la COVID-19
« Même s’il est vrai que de nombreux Canadiens se sont endettés davantage pour s’en sortir pendant la COVID, leur principale priorité financière en ce moment, dans la plupart des cas, c’est de payer leurs factures », affirme Sean Cooper, qui a signé le livre à succès Burn Your Mortgage.
La COVID-19 n’est pas seulement une crise sanitaire, c’est aussi une crise financière. Selon les plus récents chiffres de Statistique Canada, plus d’un million de Canadiens ont perdu leur emploi en mars, et deux millions de plus se sont retrouvés sans travail en avril.
On pourrait croire qu’avec des millions de Canadiens sans emploi, les faillites personnelles monteraient en flèche. Pourtant, c’est tout le contraire. Le nombre record de pertes d’emploi pourrait même contribuer à maintenir le nombre d’insolvabilités personnelles à un bas niveau pour l’instant.
« Si vous êtes sans emploi, vous êtes en grande partie à l’abri de vos créanciers. Comme les tribunaux sont fermés en raison de la COVID et que des millions de Canadiens sont sans travail, les créanciers ne peuvent pas saisir les salaires comme ils le feraient normalement », fait remarquer Cooper.
La PCU aide à éviter les faillites personnelles
À la mi-mai, plus de sept millions de Canadiens s’étaient inscrits à la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Ce programme fédéral de 35 milliards de dollars verse des paiements temporaires aux Canadiens qui ont perdu leur emploi en raison de la COVID-19 pour les aider à s’en sortir.
C’est une bonne nouvelle de voir la plupart des Canadiens réussir à joindre les deux bouts pendant la COVID, mais la tendance ne peut pas durer éternellement. Même si la PCU a été prolongée de huit semaines, elle finira bien par prendre fin.
Si les Canadiens qui ont perdu leur emploi en raison de la COVID ne trouvent pas un autre emploi au cours des prochaines semaines pour ramener leur revenu à son niveau d’avant la pandémie, on peut s’attendre à une forte hausse des faillites personnelles.
La plupart des syndics autorisés en insolvabilité s’attendent à ce que les faillites personnelles restent basses, voire diminuent, pendant l’été, puisque les tribunaux et l’économie n’ont pas encore complètement rouvert. Toutefois, lorsque la PCU prendra fin, vraisemblablement à l’automne, c’est à ce moment que nous devrions voir une forte hausse des faillites personnelles.
Le report des paiements hypothécaires et de carte de crédit aide aussi
Mais la PCU n’est pas la seule chose qui aide les Canadiens à garder la tête hors de l’eau. À la suggestion du gouvernement fédéral, les institutions financières et les sociétés de cartes de crédit offrent des reports temporaires de paiements hypothécaires et de carte de crédit.
Une fois leur demande approuvée, les Canadiens ont pu reporter leurs paiements de carte de crédit et leurs paiements hypothécaires jusqu’à six mois. À première vue, cela semble plutôt avantageux, et ça l’est dans certains cas.
« Reporter vos paiements hypothécaires et de carte de crédit de six mois vous donne un répit immédiat sur le plan des liquidités, ce qui est utile quand vous avez perdu votre emploi à cause de la COVID-19, mais il est important de comprendre que ces mesures d’allègement ne sont pas éternelles », prévient Cooper.
Reporter vos paiements hypothécaires et de carte de crédit vous donne le temps nécessaire pour vous remettre sur pied financièrement. Toutefois, si vous n’arrivez pas à trouver un emploi et à augmenter votre revenu d’ici la fin de la période de report, votre situation financière pourrait devenir encore pire.
« Reporter vos paiements de carte de crédit et de prêt hypothécaire ne fait qu’alourdir vos dettes. C’est une solution temporaire, un simple pansement. Vous n’avez pas à faire de paiements en ce moment, mais vos paiements seront plus élevés plus tard, quand vous devrez recommencer à les faire », explique Cooper.
Si vous ne pouvez pas faire ces paiements plus tard, c’est là que vous pourriez vraiment avoir des ennuis et, dans le pire des cas, vous diriger vers une faillite personnelle ou une proposition de consommateur.
Les conséquences
Tout a un prix, et le report de vos paiements ne fait pas exception. Quand vous reportez vos paiements, les intérêts s’ajoutent aux montants que vous devez déjà. Si votre revenu a diminué pendant la COVID et que vous aviez déjà du mal à faire vos paiements quand vous touchiez un plein salaire, ce sera encore plus difficile quand vous contracterez de nouvelles dettes tout en gagnant moins.
Si vous décidez de reporter vos paiements, parlez-en à votre banque le plus tôt possible. La vague de Canadiens qui demandent un report de paiements semble s’être calmée par rapport au sommet de la crise, alors ce ne devrait pas être aussi difficile en ce moment.
Il est important d’informer votre banque tout de suite. Il vaut beaucoup mieux trouver un arrangement à l’avance que de commencer à manquer des paiements. Si vous commencez à manquer des paiements, vos dettes ne feront que s’alourdir et votre cote de crédit en souffrira. Vos taux d’intérêt pourraient alors grimper encore plus.
Le mot de la fin
Vous avez du mal avec vos dettes à cause de la COVID-19? Informez-vous sur le processus de faillite et les solutions de rechange. Communiquez avec nous pour une consultation gratuite. Nous pouvons vous aider à élaborer un plan pour reprendre le contrôle de vos dettes. Prenez un nouveau départ dès aujourd’hui.