Les États-Unis ont officiellement imposé des droits de douane sur les produits fabriqués au Canada. En réponse, le Canada a imposé des droits de douane de riposte de 25 % sur environ 155 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis.
Il ne fait aucun doute qu’une guerre commerciale prolongée aura d’importantes répercussions économiques. En peu de temps, on a déjà constaté des pertes d’emplois et une hausse des prix des produits importés aux États-Unis et au Canada. Tant que la guerre commerciale se poursuit, les consommateurs canadiens risquent d’en subir les effets négatifs, faute de solutions de rechange au pays. C’est vrai pour bien des produits, mais les effets seront particulièrement visibles du côté des biens de consommation.
Le bon côté, c’est que cette situation a sans aucun doute rassemblé bien des gens. Les Canadiens tiennent maintenant beaucoup à acheter des produits canadiens et à encourager les entreprises d’ici. Espérons que cela contribuera à renforcer l’économie canadienne et à encourager la production et l’offre de solutions de rechange locales.
Acheter canadien
La mention « Produit du Canada » exige qu’au moins 98 % du produit final soit canadien. Cela comprend la quasi-totalité des principaux ingrédients, de la transformation, de la fabrication et de la main-d’œuvre. Cette mention signifie que le produit est presque entièrement d’origine canadienne : il est essentiellement fabriqué au Canada, par des Canadiens, avec peu ou pas d’éléments importés. Pour les aliments, le terme « canadien » équivaut à « Produit du Canada ». Le terme « 100 % canadien » ne peut être utilisé que lorsque tous les ingrédients, la transformation et la main-d’œuvre proviennent du Canada.
La mention « Fait au Canada » exige qu’au moins 51 % du produit final soit canadien. Les produits fabriqués avec des composants importés doivent porter une mention qualificative comme « Fait au Canada avec des pièces importées ». Les mêmes règles s’appliquent aux aliments. Prenons l’exemple d’une pizza surgelée fabriquée au Canada. On peut utiliser la mention « Fait au Canada », même si le fromage, la viande et la farine sont importés. La seule condition, c’est d’ajouter une mention qualificative. Par exemple, on pourrait lire « Fait au Canada avec des ingrédients importés ».
Voici d’autres exemples de mentions qualificatives : « Emballé au Canada » ou « Torréfié au Canada ». Ces mentions indiquent l’étape du processus de fabrication qui a eu lieu au Canada. Selon les règles, toute mention indiquant qu’un produit est fait au Canada exige que la dernière transformation substantielle du produit ait eu lieu au Canada.
L’IPC et les tendances économiques
L’indice des prix à la consommation (IPC) reflète les variations du coût moyen d’un panier de biens et de services courants pour un ménage. Par exemple, l’épicerie, les services publics et les autres dépenses courantes. Les articles inclus dans le « panier » sont mis à jour périodiquement pour refléter les habitudes de consommation moyennes actuelles.
Avec les droits de douane prévus, les prix des articles importés vont augmenter. Cela pourrait même influer sur le taux d’inflation ici, au Canada. Les solutions de rechange locales peuvent aider à atténuer les effets des droits de douane. Cela dit, pour certains aliments ou produits alimentaires, les options canadiennes peuvent coûter plus cher. C’est parce que le Canada produit à plus petite échelle et que les produits doivent parcourir un vaste réseau d’approvisionnement pour se rendre jusqu’aux consommateurs. Dans certains cas, en raison de ces contraintes, les produits canadiens peuvent coûter plus cher que les importations américaines.
L’IPC des aliments
L’IPC (indice des prix à la consommation) est basé sur un panier de biens et de services qui reflète les habitudes de dépenses moyennes des Canadiens. Le panier compte huit catégories : aliments; logement; équipement du ménage; vêtements et chaussures; transports; santé et soins personnels; loisirs et formation; alcool, tabac et cannabis.
Comparons les produits importés des États-Unis et les produits canadiens, ainsi que leurs prix, pour quelques aliments inclus dans l’IPC :
L’effet sur votre portefeuille
Ce tableau compare des produits en fonction de quelques aliments inclus dans le panier de l’IPC. En divisant le prix par le poids, on obtient le prix par quantité ou par unité. Si on compare seulement les prix, les marques canadiennes semblent coûter à peu près la même chose que les marques américaines, à quelques cents près. Pour ce prix global, vous obtenez une plus grande quantité de produits qu’avec le panier de marques américaines. C’est certainement une bonne nouvelle pour les Canadiens! Même dans les cas où les marques canadiennes coûtent plus cher, les produits américains risquent de coûter davantage si les droits de douane entrent en jeu.

Tous les prix proviennent du site Web de No Frills en date du 18 février 2025. Nous reconnaissons donc les limites de notre analyse, qui porte sur un seul magasin à une seule date. Malgré tout, nous croyons que, pour une analyse préliminaire et approximative, cela reflète assez bien le coût moyen d’un panier en ce moment.
Recherches et constats sur les produits alimentaires
En cherchant de l’information sur les marques canadiennes et américaines, nous avons fait bien des constats surprenants. Il est difficile de trouver du lait, du pain tranché et des poitrines de poulet importés. Ces catégories sont surtout approvisionnées par des sources canadiennes. C’est une bonne nouvelle pour l’autonomie du Canada dans ces secteurs.
Par contre, nous avons trouvé peu de fruits et légumes frais canadiens. C’est l’hiver en ce moment, alors il n’est pas si étonnant qu’il soit difficile d’en trouver. Nous en trouverons peut-être davantage en magasin quand la saison de croissance reprendra. Parmi les fruits et légumes importés, on trouve des tomates, des oignons, des pommes de terre, des melons et des pommes. Cela signifie que nous dépendons fortement des importations, même pour des aliments de base. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les consommateurs si les droits de douane sont imposés.
Fait intéressant, les pommes, les canneberges et les bleuets cultivés au Canada ne portent souvent aucune mention indiquant qu’ils sont canadiens. La plupart de nos canneberges sont exportées. Nous avons aussi constaté qu’une bonne partie de nos pommes sont exportées pour être transformées en cidre, en produits de boulangerie et plus encore. D’autres aliments produits au pays sont probablement exportés plutôt que vendus au Canada. Seul le temps nous dira comment les droits de douane toucheront ces structures, ces chaînes d’approvisionnement et ces choix de vente.
Les produits « Préparé au Canada » et nos constats
Tous les aliments « Préparé au Canada » que nous avons trouvés soulèvent un point important. Prenons l’exemple des tomates. Même si les tomates elles-mêmes sont importées au Canada, nous avons trouvé bon nombre de tomates en conserve, de tomates étuvées, de tomates en dés et d’autres produits de la tomate portant la mention « Préparé au Canada ». Cela signifie que les tomates sont importées, mais que la transformation, la préparation et l’emballage se font au Canada.
Si les droits de douane s’appliquent, ce genre de produits en subira quand même les effets, en raison de leurs ingrédients importés. Les entreprises devraient probablement payer des droits de douane pour faire entrer les tomates au pays, par exemple. Le coût des matières premières des produits portant la mention « Préparé au Canada » augmentera donc. Ainsi, même si nous ne payons pas de droits de douane directement sur ces produits, nous les paierons indirectement. À un moment donné dans la chaîne d’approvisionnement, les coûts seront plus élevés, et la hausse sera probablement refilée aux consommateurs, c’est-à-dire à nous.
Conseils pratiques
- Vérifiez les étiquettes : lisez bien les étiquettes avant de faire vos achats. Repérez les produits fabriqués au pays. Pour les autres, voyez si vous pouvez trouver une solution de rechange. C’est l’occasion pour les Canadiens d’avoir un impact par la façon dont ils choisissent de dépenser leur argent. Encourager les entreprises d’ici aide à soutenir les industries locales et permet d’éviter autant que possible les produits importés frappés de droits de douane plus élevés.
- Comparez les prix : notre tableau ci-dessus montre que les prix des produits canadiens et importés ne varient pas énormément. Même si les produits canadiens coûtent plus cher, voyez si payer un peu plus pour des produits faits au Canada peut vous faire économiser davantage au total. Comparez les prix affichés, mais tenez aussi compte du coût plus élevé des produits importés des États-Unis une fois les droits de douane appliqués. Il se peut qu’après l’ajout de ces droits élevés, les produits importés finissent par coûter plus cher que l’option canadienne. Si c’est le cas, vous économiserez aussi davantage en achetant des produits d’ici.
- Encouragez les entreprises locales : autant que possible, choisissez les marchés publics et les marques canadiennes plutôt que les produits importés. La façon dont les Canadiens choisissent de dépenser, et l’endroit où ils le font, peut grandement influer sur notre capacité collective à absorber le coût des droits de douane, tout en soutenant les industries d’ici et en réduisant notre dépendance aux importations.
- Ressources et communauté : tenez-vous au courant grâce aux ressources en ligne sur les marques canadiennes. Des sites comme madeinca.ca offrent de l’information complète sur les entreprises canadiennes auprès desquelles vous pouvez choisir d’acheter. Sur les réseaux sociaux, de nombreux groupes et communautés permettent aux gens d’échanger de l’information sur les marques canadiennes, grandes et petites. Une communauté peut aussi vous aider à vérifier l’exactitude de l’information que vous trouvez. C’est une ressource précieuse quand vous voulez vraiment faire une différence en posant le bon geste.
Ce qu’il faut retenir
Acheter des produits faits au Canada aide les industries d’ici, ce qui renforce la résilience de l’économie locale. En modifiant vos habitudes de magasinage, vous pouvez contribuer à cet effet positif. Autant que possible, essayez d’encourager les petites entreprises locales. Acheter des produits canadiens ne suffira peut-être pas à compenser entièrement l’impact financier des droits de douane. Les produits canadiens coûtent parfois plus cher que les produits importés, et ils sont parfois faits avec des ingrédients importés. Si votre budget est serré, acheter canadien pourrait être un peu difficile, surtout si l’écart de prix est important. Faites ce que vous pouvez pour soutenir les entreprises canadiennes, mais sans dépasser votre budget. Vos finances passent en premier. Si vous avez des dettes en ce moment, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils.