La dette du Canada a considérablement augmenté au cours des dernières années. Cependant, la chose la plus importante à comprendre, c’est que le mot « dette » n’a pas le même sens selon la façon dont on la mesure. C’est particulièrement important aujourd’hui, puisque le gouvernement présente souvent une mesure plus étroite que les totaux globaux utilisés par le passé.
À combien s’élève la dette du Canada?
En 2019, la dette brute du Canada (la dette totale des administrations fédérale, provinciales, territoriales et locales réunies) s’élevait à environ 2 434 milliards de dollars, soit 64 087 $ par personne. Ce chiffre comprend toutes les obligations, comme les engagements au titre des régimes de retraite publics.
En 2023, cette dette brute consolidée était passée à environ 3 180 milliards de dollars, soit environ 103,5 % du PIB, selon les plus récentes statistiques de finances publiques de Statistique Canada. La part du gouvernement fédéral est estimée à 1 640 milliards de dollars (55,9 % du PIB), le reste étant dû par les provinces et les municipalités.
Aujourd’hui, le gouvernement présente un chiffre différent : la dette fédérale contractée sur les marchés. Elle devait atteindre environ 1 619 milliards de dollars en 2025. Elle ne comprend que l’argent que le gouvernement fédéral a emprunté en émettant des obligations et des bons du Trésor sur les marchés financiers. Elle exclut les autres dettes, comme celles des provinces et des administrations locales.
Le ratio de la dette brute au PIB s’établit à environ 112 %, selon une estimation pour l’exercice en cours. Le passif du secteur public dépasse maintenant la production économique annuelle du Canada. Sur l’ensemble de la dette contractée sur les marchés, la part du gouvernement fédéral est de 1 293 milliards de dollars (environ 80 %), le reste revenant aux provinces et aux territoires.
Pourquoi est-ce important pour la population canadienne?
La dette publique élevée du Canada a des conséquences directes et indirectes pour la population. Une dette élevée signifie des paiements d’intérêts plus élevés. Le gouvernement fédéral paie des milliards de dollars en intérêts chaque année. Cet argent pourrait autrement servir à financer des services publics ou à investir. À mesure que la dette augmente, une plus grande partie du budget disponible sert à payer les intérêts, ce qui en laisse moins pour des choses comme les soins de santé ou les infrastructures. Une dette qui ne cesse de croître pourrait entraîner une réduction des dépenses dans les programmes publics, c’est-à-dire des compressions budgétaires dans des domaines comme la santé, l’éducation et les programmes de soutien social. Et il n’y a pas que le gouvernement fédéral : les gouvernements provinciaux ont aussi des dettes importantes. Cela touche de la même façon les dépenses à l’échelle régionale.
Une dette toujours plus lourde peut aussi avoir des conséquences économiques à long terme, comme une croissance plus lente du revenu des ménages. Une dette élevée transfère aussi le fardeau financier aux générations futures, qui devront probablement payer plus d’impôts et recevoir moins d’avantages demain pour rembourser les emprunts d’aujourd’hui. Cela peut créer une iniquité économique entre les générations. Autre point à noter : des investisseurs étrangers détiennent une part importante de la dette publique du Canada. Cela signifie que les paiements d’intérêts sortent du pays au lieu de profiter à l’économie nationale. Dans l’ensemble, si la dette augmente plus vite que l’économie, elle devient moins viable. Elle nuit à la croissance future, aux possibilités de développement ainsi qu’à la souplesse et à la capacité d’adaptation des politiques.
Les déficits de 2019 à aujourd’hui
En 2019 (l’exercice se terminant en mars 2020), le gouvernement fédéral du Canada, avec les administrations locales, territoriales et provinciales, a enregistré un déficit de 25,3 milliards de dollars. En comparaison, l’ensemble des administrations publiques du Canada avait enregistré un excédent consolidé de 2,6 milliards de dollars en 2018. Ce déficit de 2019 équivaut à 1,1 % du PIB du pays, le plus élevé depuis 2012. De ce montant, la part du gouvernement fédéral était d’environ 11,9 milliards de dollars, et celle des provinces et des territoires, de 13,4 milliards de dollars.
Quand la pandémie de COVID-19 a frappé, les déficits ont explosé :
- 2020-2021 : le déficit fédéral a atteint un sommet de 327,7 milliards de dollars
- 2021-2022 : le déficit fédéral était de 90,2 milliards de dollars
- 2022-2023 : 35 milliards de dollars.
- 2023-2024 : environ 61,9 milliards de dollars
- 2024-2025 (prévision) : environ 39,8 milliards de dollars
Même si les premières prévisions de la pandémie annonçaient des déficits encore plus importants, les chiffres réels ont été considérables, mais un peu inférieurs aux projections.
La dette nette
La dette brute ne tient pas compte des actifs financiers du gouvernement, comme le Régime de pensions du Canada et les placements. La dette nette soustrait ces actifs de la dette brute pour donner un portrait plus complet de ce que le gouvernement doit réellement.
Le seul hic avec la dette nette comme mesure, c’est qu’il est difficile d’évaluer certains actifs du gouvernement. En plus de la dette brute et de la dette nette, il faut aussi savoir que la dette publique peut être mesurée selon les comptes publics ou selon les comptes nationaux. C’est essentiel, puisque les chiffres qu’on voit dans les médias reposent sur des mesures différentes qui peuvent semer la confusion.
En 2023, la dette nette consolidée s’élevait à environ 1 410 milliards de dollars, soit 47,9 % du PIB. La dette nette du gouvernement fédéral était d’environ 914 milliards de dollars (31,2 % du PIB).
Où le gouvernement canadien emprunte-t-il son argent?
Les principaux prêteurs du gouvernement canadien sont des institutions financières canadiennes et étrangères. Il s’agit notamment de grandes sociétés, de compagnies d’assurance, de banques, de fonds de placement, de caisses de retraite, etc.
Ces institutions financières achètent des obligations et des bons du Trésor du gouvernement. Les obligations sont des titres à revenu fixe que les gouvernements ou d’autres grandes sociétés émettent auprès des investisseurs pour pouvoir maintenir leurs activités courantes, financer de nouveaux investissements ou projets, ou rembourser des dettes existantes.
Ce sont l’offre et la demande qui déterminent les taux d’intérêt des obligations. Si la demande d’obligations est forte par rapport à l’offre, les taux d’intérêt seront bas. Les taux d’intérêt sont élevés quand la demande d’obligations est faible.
Les obligations émises par le gouvernement servent au financement à long terme. En plus des obligations, le gouvernement émet aussi des obligations d’épargne pour le marché de détail et des bons du Trésor pour le financement à court terme.
Pourquoi le Canada emprunte-t-il de l’argent?
Avant la pandémie, les emprunts servaient à financer de nouveaux programmes et l’élargissement des services sociaux. De 2020 à 2022, des emprunts massifs ont financé l’aide d’urgence liée à la pandémie pour les entreprises et les ménages. Aujourd’hui, les emprunts soutiennent les transferts en santé, l’abordabilité du logement, les services de garde d’enfants, les soins aux aînés et les investissements dans l’énergie propre. Une grande partie des emprunts actuels sert à rembourser la dette qui arrive à échéance, ce qui limite les fonds disponibles pour les services publics. En même temps, le gouvernement continue d’emprunter de façon stratégique pour investir dans ces domaines. La gestion de la dette est un exercice d’équilibre : le gouvernement doit gérer la dette existante tout en contractant stratégiquement de nouvelles dettes pour investir dans des programmes importants.
Ce qu’il faut retenir
En 2019, la dette publique brute du Canada s’élevait à environ 2 400 milliards de dollars (105 % du PIB). En 2023, ce chiffre était passé à environ 3 180 milliards de dollars (103,5 % du PIB). Cependant, les différences entre les méthodes de calcul comptent : la dette détenue directement par le gouvernement fédéral (la dette contractée sur les marchés) est d’un peu moins de 1 620 milliards de dollars pour 2024-2025. La dette nette, qui soustrait les actifs financiers, s’élève à environ 1 410 milliards de dollars, soit 48 % du PIB.
Ces différentes mesures aident à comprendre pourquoi les chiffres de la dette peuvent sembler très différents selon la source, mais toutes montrent une hausse importante des emprunts du Canada et des défis financiers persistants depuis 2019. En plus de la dette publique, la dette personnelle augmente aussi. Si vous essayez de gérer vos finances personnelles et de vous libérer de vos dettes, vous pouvez communiquer avec l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour obtenir des conseils. Ils peuvent vous aider à trouver la stratégie de désendettement qui pourrait convenir à votre situation.