Novembre est le Mois de la littératie financière! Chaque année, le gouvernement du Canada et l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) prennent le temps de sensibiliser la population à l’importance de la littératie financière. L’initiative a vu le jour il y a 14 ans et elle a pris de l’ampleur depuis : du Mois de la littératie financière, on est passé à la Stratégie nationale pour la littératie financière.
Chaque année, le Mois de la littératie financière est axé sur un thème. Cette année, le thème est « L’argent en tête? Parlons-en! » On invite ainsi les Canadiens à mettre fin au tabou qui entoure les discussions sur l’argent, et pour cause. Bien des gens croient que parler d’argent est une source de problèmes, mais la recherche démontre le contraire. Avoir des discussions ouvertes sur les finances améliore en fait la littératie financière et, par le fait même, la situation financière.
Par où commencer?
Aller à contre-courant de quelque chose d’aussi ancré dans les normes sociales peut sembler intimidant et un peu bizarre. Cet état d’esprit n’aide pas vraiment à essayer quelque chose de nouveau. Nous avons donc voulu vous donner un coup de main en vous proposant un point de départ.
Quand on essaie quelque chose de nouveau, il peut être utile de commencer par un sujet qui ne nous touche pas de trop près. Nous avons pensé que parler du Canada en général, plutôt que de vos finances personnelles, répondait à ce critère. Comme Canadiens, nous nous y reconnaissons et pouvons nous en servir pour créer des liens, sans avoir à dévoiler quoi que ce soit de vraiment personnel.
Comment commencer?
Beaucoup de recherches sur la littératie financière ont été menées au Canada et ailleurs dans le monde. Elles portent sur tout, du niveau de littératie financière dans divers pays jusqu’aux comportements et aux attitudes des gens face à l’argent. Voici quelques-unes des conclusions de ces recherches. L’idée, c’est de vous servir de cette information pour amorcer tout doucement une conversation sur l’argent. À mesure que vous serez plus à l’aise, vous pourrez aborder des sujets plus précis et plus personnels.
Les résultats
Tous les trois mois, TransUnion, l’une de nos deux principales agences d’évaluation du crédit, publie des résultats sur la situation générale des finances des ménages dans divers pays du monde. Même si les sujets précis changent, chaque sondage cherche à cerner l’évolution des finances personnelles. Voici quelques-uns des résultats de son dernier sondage, réalisé au 3e trimestre de 2024. Nous montrons comment le Canada se compare au reste du monde.
Optimisme quant aux finances du ménage pour la prochaine année
| Canada | Monde | |
| Pessimistes | 29 % | 16,3 % |
| Ni l’un ni l’autre | 28 % | 19,4 % |
| Optimistes | 43 % | 64,6 % |
Ces données montrent à quel point les gens sont confiants quant à leur situation financière pour la prochaine année. Malheureusement, elles confirment ce que vivent bien des Canadiens en ce moment : des difficultés financières. Moins d’une personne sur deux parmi nous se sent bien par rapport à sa situation financière. C’est tout un écart avec le reste du monde, où près de deux personnes sur trois se sentent bien.
Si vous avez du mal à joindre les deux bouts, vous trouverez peut-être du réconfort en sachant que vous n’êtes pas la seule personne dans cette situation. Bien des gens sont dans le même bateau. C’est encourageant quand on essaie de s’ouvrir davantage et d’en apprendre plus sur les finances. Il y a de bonnes chances que les personnes avec qui vous parlerez aient aussi des difficultés. Ce terrain commun est un excellent point de départ pour une discussion saine et constructive.
Principales préoccupations financières des ménages
| Canada | Monde | |
| Inflation | 44 % | 36,5 % |
| Logement | 20 % | 14,7 % |
| Emploi | 10 % | 17,8 % |
Bien des choses peuvent influer sur le bien-être financier. Dans cette édition du sondage, on a demandé aux répondants de classer leurs trois principales préoccupations. Ce tableau révèle les nôtres : l’inflation, le logement et l’emploi.
L’inflation est en tête de liste des préoccupations financières des Canadiens depuis des années. Les résultats montrent que nous ne sommes pas les seuls : c’est une préoccupation commune partout dans le monde.
Beaucoup de Canadiens s’inquiètent de l’abordabilité du logement. C’était notre deuxième préoccupation en importance. Bien d’autres pays partageaient ce même problème. Parmi tous les pays qui plaçaient le logement parmi leurs principales préoccupations, c’est au Canada qu’il obtenait la proportion la plus élevée.
L’emploi s’est classé au troisième rang des préoccupations des Canadiens, mais dans une proportion moins élevée que dans le reste du monde.
Parmi les préoccupations mentionnées par les Canadiens en dehors des trois premières, on trouve la COVID-19, la récession et les taux d’intérêt.
Quand on leur en donne l’occasion, bien des gens aiment partager ce qu’ils ont appris. Demandez à une personne de votre entourage comment elle gère l’inflation et le coût du logement. Vous lui ferez plaisir et vous pourriez obtenir de précieuses idées à essayer vous-même.
Changements en matière de dettes et d’épargne déclarés par les consommateurs au cours des trois derniers mois
| Canada | Monde | |
| Réduction de l’épargne-retraite | 15 % | 11,6 % |
| Utilisation accrue du crédit disponible | 15 % | 18,4 % |
| Remboursement plus rapide des dettes | 19 % | 23,9 % |
| Hausse de l’épargne-retraite | 11 % | 14,2 % |
| Hausse de l’épargne dans le fonds d’urgence | 17 % | 25,1 % |
| Utilisation de l’épargne-retraite | 10 % | 8,7 % |
Le tableau ci-dessus présente différentes stratégies sur lesquelles les gens s’appuient pour faire face à des pressions financières accrues. Certaines sont plus judicieuses que d’autres sur le plan financier. Par exemple, épargner davantage dans un fonds d’urgence est une façon financièrement saine de mieux traverser les périodes difficiles. En revanche, réduire son épargne-retraite, sans être le pire scénario, n’est pas l’option la plus saine non plus.
Ce qui est préoccupant, c’est que les résultats montrent que, comparativement aux autres pays participants, moins de Canadiens ont ajouté de l’argent à leur fonds d’urgence et plus de Canadiens ont réduit leur épargne-retraite. Nous avons aussi mis moins l’accent sur le remboursement de nos dettes. Point positif toutefois : nous étions moins portés à utiliser notre crédit.
Ce tableau à lui seul est une mine d’or de sujets de conversation sur les finances et d’occasions d’enrichir vos connaissances financières. Par exemple, vous pourriez demander à une personne ce qui a motivé son choix d’une stratégie financière (rembourser une carte de crédit, alimenter un fonds d’urgence, puiser dans l’épargne-retraite, etc.) plutôt qu’une autre.
Types de nouveaux crédits et prêts prévus au cours de la prochaine année
| Canada | Monde | |
| Nouveau prêt ou contrat de location auto | 16 % | 15,5 % |
| Nouvelle carte de crédit | 46 % | 35 % |
| Nouveau prêt hypothécaire ou autre prêt immobilier | 14 % | 12,7 % |
| Nouveau prêt personnel | 17 % | 32,9 % |
| Refinancement d’un prêt hypothécaire ou autre prêt immobilier | 16 % | 10,4 % |
Le sondage de TransUnion cherchait aussi à savoir quels changements les gens prévoient apporter à leur crédit et à leurs prêts au cours de la prochaine année. Comme le montre le tableau ci-dessus, il existe de nombreuses options de crédit dans le monde. Celles qui figurent ici sont les cinq principales choisies par les Canadiens parmi les 13 options du sondage. La plupart des autres options portent sur le refinancement d’une dette plutôt que sur une nouvelle dette.
L’un des aspects les plus préoccupants de ces données, c’est qu’au cours de la prochaine année, les Canadiens seront très axés sur la prise de nouvelles dettes. Cela dit, ce tableau ne reflète que les répondants qui ont dit qu’ils apporteraient des changements à leur crédit, et non l’ensemble des participants canadiens. Malgré tout, il y a là une occasion de faire un autre choix que de s’endetter davantage. C’est d’autant plus vrai que près de la moitié des répondants ont dit qu’ils prendraient une nouvelle carte de crédit, l’une des options de crédit les plus coûteuses de la liste.
En résumé
Le thème du Mois de la littératie financière de cette année comporte un autre volet : l’action. Les organisateurs nous demandent de nous engager à poser, ce mois-ci, un geste qui améliore notre littératie financière. Ce geste pourrait être d’établir un budget, de vérifier votre cote de crédit ou de préparer un plan de remboursement de vos dettes. Peu importe votre choix, en parler avec d’autres vous aidera. Nous espérons que certains renseignements de cet article vous aideront à lancer la conversation.
Si ce sont vos dettes que vous avez en tête, nous pouvons vous aider. Parlez à l’un de nos conseillers en crédit qualifiés pour savoir comment.