Cosigner un prêt semble être une excellente façon d’aider une personne dans le besoin. Habituellement, c’est un ami ou un membre de la famille qui a besoin d’un prêt ou d’un autre type de garantie. C’est peut-être pour les études, une voiture ou un paiement urgent pour des réparations à la maison ou des frais médicaux. Cette personne ne peut pas obtenir un prêt par ses propres moyens, probablement parce que son crédit n’est pas bon. Mais si vous cosignez avec elle, tout devrait bien aller.
Cosigner un prêt part habituellement d’une bonne intention et d’un désir d’aider. La personne qui cosigne sait que celle qu’elle aide est quelqu’un de bien, mais que la banque n’est pas juste. Elle croit sincèrement que la cosignature n’est qu’une formalité et qu’elle n’en entendra probablement plus jamais parler. Pourtant, cosigner un prêt signifie que vous êtes légalement responsable de la dette si l’emprunteur principal ne fait pas ses paiements à temps.
Croyez-le ou non, les banques savent ce qu’elles font
Commençons par une vérité toute simple : il y a une très bonne raison pour laquelle des gens se voient refuser un prêt. Si les banques accordent trop de prêts qui ne sont pas remboursés, elles perdent de l’argent. En tant qu’entreprises, elles ont tout intérêt à ne prêter que l’argent qu’elles peuvent raisonnablement s’attendre à récupérer. Plus le risque est élevé, plus le taux d’intérêt exigé pour compenser est élevé.
Si vous n’arrivez pas du tout à faire approuver un prêt, vous avez peut-être de mauvais antécédents de crédit et la banque juge que le risque n’en vaut pas la peine.
Vous vous dites peut-être : « Mais je connais cette personne. Je sais qu’elle va rembourser. » Bien sûr que vous y croyez. Mais comme pour les placements et les projets d’affaires emballants, la plupart des gens ne voient que le bon côté de tous les scénarios possibles.
Les risques de la cosignature
Tout d’abord, vous devez comprendre que cosigner vous rend responsable à 100 % de votre part de l’entente. La personne qui emprunte l’argent n’a pas une plus grande obligation de le rembourser, et un créancier ne se tournera pas en priorité vers l’emprunteur réel pour se faire payer.
De plus, le défaut de paiement n’est pas seulement un scénario catastrophe où votre ami ou votre proche s’enfuit du pays en pleine nuit. Cette personne pourrait perdre son emploi et manquer un paiement, ou avoir des frais médicaux imprévus à payer.
Si votre situation financière est plus solide que la sienne (et c’est le cas, puisque c’est vous qui cosignez), vous pourriez être la première cible, puisqu’il est plus facile d’obtenir de l’argent de vous que de cette personne.
Les conséquences de cosigner un prêt
Les deux principales : être responsable du montant emprunté et voir votre cote de crédit en souffrir.
De plus, si vous demandez n’importe quel type de prêt, les autres prêteurs auront l’impression que vous avez emprunté plus que ce que vous avez réellement emprunté. Il n’existe aucune section spéciale pour les prêts cosignés dont vous n’avez pas reçu un sou.
La dernière conséquence, c’est de ruiner complètement votre relation avec la personne pour qui vous avez cosigné.
La seule question à vous poser avant de cosigner
Si votre enfant a besoin d’un cosignataire pour un bail, demandez-vous si vous accepteriez de payer son loyer si, pour une raison ou une autre, votre enfant n’y arrive pas.
Si vous songez à cosigner une marge de crédit pour que votre sœur puisse lancer son entreprise, demandez-vous si vous accepteriez d’en rembourser chaque sou.
Dans chaque situation, posez-vous la question :
« Est-ce que j’accepte de rembourser le montant au complet? »
N’essayez pas d’esquiver cette question et ne vous dites pas que ça n’arrivera jamais. Vous le devez à toutes les personnes concernées : abordez la situation les yeux grands ouverts.
Si votre réponse est oui, allez-y. Si l’idée de rembourser vous fait hésiter, ou si cela risque de ruiner votre relation avec cette personne, évitez à tout prix de cosigner.
Les solutions de rechange à la cosignature
Nous comprenons que la situation peut être délicate. Un membre de votre famille ou un ami proche vient vous demander de l’aide. C’est difficile de dire non. C’est pourquoi il peut être utile d’avoir d’autres solutions en tête.
Avez-vous l’argent? Pourriez-vous plutôt lui faire un prêt personnel? En laissant complètement les banques en dehors de tout ça, votre « seul » risque est de ne pas récupérer l’argent et de ruiner la relation.
Pouvez-vous l’aider à obtenir l’argent autrement? Vous pouvez peut-être penser à d’autres avenues, ou à des options où cette personne n’aurait pas besoin d’un prêt aussi important (elle pourrait être admissible à un prêt plus petit), ou même pas besoin de prêt du tout.
N’oubliez pas : en disant non, vous ne laissez pas tomber un ami ou un proche. Vous protégez votre relation et vous vous épargnez probablement beaucoup d’argent.